Syndicalistes, fainéants, sales… Les clichés qui perdurent sur la France

SOCIETE L'hebdomadaire américain «Newsweek» se moque de la France, mais il n'est pas le seul...

Audrey Chauvet

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Un supporter de l'équipe de France coiffé d'un béret et d'une baguette lors de la coupe du monde de football en 2006.
Un supporter de l'équipe de France coiffé d'un béret et d'une baguette lors de la coupe du monde de football en 2006. — AFP PHOTO JUNG YEON-JE

La France en prend encore pour son grade: l’article intitulé «La chute de la France», paru ce week-end dans le magazine américain Newsweek, est une nouvelle pierre dans le grand jardin des clichés sur les Français. Revue des idées reçues et des préjugés qui pèsent sur notre pays.

Tous des syndicalistes, tous des grévistes

Selon la journaliste de Newsweek, les membres des syndicats français peuvent partir tout l’été en vacances tout en touchant le chômage. Première nouvelle. Mais la réputation de syndicalistes et surtout de grévistes des Français ne se dément pas, alors que seulement 7% à 8% des salariés français sont syndiqués, contre 12% aux Etats-Unis et 26,5% au Royaume-Uni. En revanche, les grèves, notamment des transports, sont bien une réalité: s’il est difficile de comparer les statistiques de jours de grève entre les pays, la France se place à coup sûr en tête du classement avec 316 jours de grève pour 1.000 salariés dans les entreprises de plus de 10 salarié en 2010.

Tous des fainéants, tous des tire-au-flanc

Evidemment, la propension du Français à faire la grève et à râler contre le patron n’est pas très éloignée de l’idée tenace que nos compatriotes ne cherchent qu’à en faire le moins possible. En février dernier, le PDG de l’américain Titan International, Maurice Taylor, avait bien résumé tous ces clichés dans une lettre adressée à Arnaud Montebourg: fainéants, surpayés, trop protégés par le droit du travail… Des jugements pas toujours fondés, mais qui reflètent bien l’incompréhension régnant entre les libéraux anglo-saxons et les «gauchistes» français. La France a même été taxée de «bombe à retardement» de l’Europe par le magazine The Economist fin 2012, qui lui reprochait de ne pas se soucier d’améliorer sa compétitivité pour redresser la barre de l’économie européenne.

Tous des râleurs, tous des pas contents

Certes, les touristes qui arrivent à Paris ne sont pas toujours accueillis avec de larges sourires. Mais la réputation de râleurs des Français n’est plus à faire: dans un billet publié sur Rue89, un blogueur belge expatrié en France nous rappelle qu’en 2013, les Français ont beaucoup râlé, grogné, manifesté sur de multiples sujets mais ont rarement dialogué. La «sinistrose» a même fait son apparition dans le vocabulaire médiatique et les sondages enjoués de ce début d’année 2014 risquent de ne pas passer l’hiver si le naturel des Français revient au galop avec le paiement du premier tiers prévisionnel (le 15 février, pour rappel).

Machos, sales, fumeurs, mangeurs de fromages pourris…

Pour fignoler le portrait du Français moyen, n’oublions pas de signaler que nous sommes machos (du moins aux yeux des Suédois, moins sûrement à ceux des pays latins), que les Français sont tous des obsédés sexuels à l’instar de notre vedette internationale Dominique Strauss-Kahn, que nous mangeons des aliments à l’hygiène assez douteuse pour être interdits dans d’autres pays et que nous ne nous lavons pas, ou peu. Certes, un Français sur cinq ne se douche pas tous les jours, mais est-il pour autant sale? Et la fréquence relativement élevée des rapports sexuels des Français (8,9 fois par mois, soit plus que bon nombre de nos voisins européens) fait-elle de nous des obsédés? Mais surtout comment allons-nous continuer à nous balader avec notre béret et notre baguette sous le bras si celle-ci se ramollit inexorablement, à en croire un article récent du Wall Street Journal? Encore une bonne raison de râler.