Nancy et Metz veulent interdire les spectacles de Dieudonné

POLEMIQUE L'humoriste controversé doit se produire dans les deux villes lorraines le 18 et le 19 janvier prochains...

avec AFP

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Dieudonné au tribunal de Paris, le 13 décembre 2013.
Dieudonné au tribunal de Paris, le 13 décembre 2013. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Les mairies de Nancy et de Metz ont réclamé jeudi l'interdiction des spectacles de Dieudonné, prévus respectivement les 18 et 19 janvier dans les deux villes lorraines.

Le maire de Nancy, André Rossinot (UDI), a réclamé jeudi que «l'Etat prenne les dispositions pour l'interdiction» de la représentation de Dieudonné prévue le 18 janvier dans cette ville, en estimant qu'«il s'apparente plus à de la propagande qu'à un spectacle», dans un communiqué transmis à l'AFP.

«La liberté d'expression est une donnée fondamentale de notre société, (mais) lorsque cette expression qui se doit d'être libre se transforme en une propagande raciste, xénophobe et antisémite, il y a lieu de réagir en préservant la République des atteintes qui sont portées à ses valeurs», poursuit André Rossinot.

«Cortège de déclarations racistes et négationnistes»

A Metz, où Dieudonné doit se produire le 19 janvier aux Arènes, l'adjoint à la Culture, Antoine Fonté (PS), a indiqué jeudi à l'AFP «demander au préfet d'examiner tous les éléments juridiques pour l'interdiction du lieu et du spectacle». «Le cortège de déclarations racistes et négationnistes» accompagnant les représentations de l'humoriste «ne saurait se placer sous la protection de la République, insultée dans ses lois comme dans ses valeurs», précise un communiqué de la ville de Metz. La préfecture de Moselle n'était pas joignable dans l'immédiat.

Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête préliminaire pour «incitation à la haine raciale» après les déclarations de l'humoriste visant un journaliste de France Inter lors d'un spectacle à Paris. «Quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage», lançait-il notamment, déclenchant des rires chez ses fans.

Vendredi, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait annoncé étudier «toutes les voies juridiques» pour interdire ses spectacles. Il doit envoyer prochainement une circulaire aux préfets pour leur demander d'évaluer localement les risques de trouble à l'ordre public et les possibilités d'interdire les représentations. Il l'a aussi qualifié mardi de «petit entrepreneur de la haine».