Drancy: Le wagon de déchets nucléaires prêt à repartir, enquête ministérielle

POLLUTION Une enquête sur les raisons de l'accident va être lancée...

avec AFP

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Le 9 octobre 2013, vue de la gare de triage de Drancy-Le Bourget en  Seine-Saint-Denis.
Le 9 octobre 2013, vue de la gare de triage de Drancy-Le Bourget en Seine-Saint-Denis. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Le wagon de déchets nucléaires qui a déraillé à Drancy (Seine-Saint-Denis) a été remis sur les rails sans encombre, et les ministres des Transports et de l'Environnement ont annoncé mardi une enquête après cet incident qui alimente les craintes autour de l'une des plus grandes gares de triage de France, tout proche de Paris. Frédéric Cuvillier et Philippe Martin ont annoncé dans un communiqué avoir demandé au Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) «une enquête sur les raisons de l'incident», qui selon les autorités n'a pas entraîné de fuite radioactive.

Un accident «très rare»

A Drancy, le wagon «a été remis sur les voies avant 6h» mardi et le combustible usagé était prêt à reprendre son voyage vers l'usine de retraitement d'Areva à la Hague (Manche), selon un porte-parole de la SNCF. La veille vers 16h05, un essieu de ce wagon de déchets nucléaires était sorti d'un rail, sans qu'il ne se renverse. Selon la préfecture, cet incident «n'a eu aucune conséquence sur la sécurité, l'ordre public ou l'environnement», tandis que l'Autorité de sûreté nucléaire a classé l'incident au niveau zéro de l'échelle INES des évènements nucléaires car «il n'y a pas d'enjeu radiologique», selon elle.

Qualifié de «très rare» par Areva, l'incident alimente toutefois les craintes autour de l'une des plus grandes gares de triage de France, à moins de 10 km à vol d'oiseau de Paris. «La mairie de Drancy va porter plainte début janvier contre l'Etat pour mise en danger de la vie d'autrui», a déclaré mardi le maire UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui ne veut pas qu'en cas de catastrophe «ministres et préfet disent on ne savait pas ».

Selon Greenpeace, qui a déploré «le manque total d'information des citoyens», le container de 115 tonnes renfermait 6 tonnes de combustible. Parti de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), le combustible usagé devait rallier le terminal Areva de Valognes (Manche), avant d'être transporté jusqu'à sa destination,l'usine de retraitement de la Hague. Dotée de 48 voies ferrées, la gare de triage longue de 3 km, à cheval sur trois communes (Drancy, Le Blanc-Mesnil et Le Bourget), accueille chaque année près de 250.000 wagons de marchandise, dont 13.000 chargés de matières dangereuses.