Plaisanterie sur l'Algérie de Hollande: «Dérapage verbal» pour Copé... Mélenchon a «la nausée»...

RÉACTIONS éluge de critiques après la plaisanterie loupée du chef de l'Etat, même si son entourage tente de déminer l'affaire...

avec AFP

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Jean-François Copé à Washington, le 2 décembre 2013.
Jean-François Copé à Washington, le 2 décembre 2013. — N.KAMM / AFP

La boutade de François Hollande sur l’Algérie ne passe pas. Elle ne passe pas à Alger, où le ministre des Affaires étrangères algériennes a jugé que cette sortie était un «incident regrettable» qui constituait une «moins-value» pour les relations entre les deux pays. Et elle ne passe pas non plus en France où Jean-François Copé a qualifié dimanche sur Twitter la phrase de François Hollande de «dérapage verbal».  «Sur un thème aussi important que la relation de la France avec l'Algérie, l'exigence de la fonction présidentielle n'autorise pas une formule aussi déplacée», a-t-il ajouté en plusieurs tweets.

Le 16 décembre devant le Crif, François Hollande avait déclaré sur le ton de la plaisanterie, en parlant de Manuel Valls, qu’il était «rentré d’Algérie sain et sauf, c’est déjà beaucoup».

 «Il s'est un peu lâché»

Le co-président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a tweeté dimanche que la boutade de François Hollande sur la sécurité en Algérie lui donnait «la nausée».

 

 

Sur TF1, Valérie Pécresse a déclaré: «J'ai trouvé ça particulièrement maladroit et pas digne d'un président de la République. Et je dis à François Hollande: soyez vraiment à la hauteur de votre fonction». «Il s'est un peu lâché», a nuancé sur le site de RTL le député de Paris (UMP), Pierre Lellouche, en considérant toutefois que François Hollande «n'est pas encore complètement rentré dans le job». Mais pour lui, l'affaire reste un «mini-évènement», faisant remarquer que «les relations sont compliquées depuis toujours avec l'Algérie».

Une «plaisanterie légère» plaide l'Elysée

«François Hollande a insulté le peuple et les dirigeants d'Algérie», écrit dans un communiqué Salima Saa, conseillère politique de l'UMP, beaucoup plus sévère. «L'incapacité de François Hollande à contrôler ses "petites blagues" est consternante. Elle fait de lui un chef d'Etat gadget qui ne comprend pas le grand impact des paroles sur les relations internationales (...) François Hollande doit ses plus plates excuses au peuple algérien», ajoute-t-elle.

Pour Yves Jego, délégué général de l'UDI, «ces propos sèment un grave trouble dans un pays ami de la France. Le Président de la République doit donc revenir sans tarder publiquement sur ses propos et présenter des excuses au Gouvernement algérien».

«Cet écart de langage est pour le moins inquiétant chez le dirigeant de la cinquième puissance du monde qui ne semble pas se rendre compte combien son humour peut être blessant», a-t-il ajouté, dans un communiqué.

A l’Elysée, on tente de déminer. Il s’agit d’une «plaisanterie légère qui pouvait viser n'importe qui dans n'importe quel pays pays et qui n'avait aucun sens particulier concernant l'Algérie», indique-t-on dimanche dans l'entourage du président. «Il n'y a pas de tension particulière au niveau des autorités algériennes», a-t-on ajouté de même source.