Veolia Eau: les syndicats veulent une justification du plan

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Les syndicats de Veolia ont réclamé vendredi lors d'un Comité central d'entreprise (CCE) des preuves du bien fondé de la réorganisation de la branche Eau qui prévoit 1.600 suppressions de postes, selon une déclaration intersyndicale transmise à l'AFP.
Les syndicats de Veolia ont réclamé vendredi lors d'un Comité central d'entreprise (CCE) des preuves du bien fondé de la réorganisation de la branche Eau qui prévoit 1.600 suppressions de postes, selon une déclaration intersyndicale transmise à l'AFP. — Eric Piermont AFP

Les syndicats de Veolia Eau ont réclamé vendredi lors d'un comité central d'entreprise (CCE) des preuves du bien fondé de la réorganisation qui prévoit 1.600 suppressions de postes dans leur branche, selon une déclaration intersyndicale transmise à l'AFP.

Dans une déclaration commune, lue au CCE, la CFDT, la CFE-CGC, la CGT et FO, notent que la direction de la branche Eau de Veolia entend supprimer «1.600 emplois sur 15.000 environ», notamment via «plus de 700 départs» volontaires parmi les salariés des «services supports», dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), et des départs non remplacés.

«Sachez qu'il nous faudra bien plus que des mots, mais bien des éléments économiques chiffrés, étayés et vérifiables, pour nous démontrer que l'entreprise est contrainte d'en passer par là pour garantir sa pérennité», disent-ils.

Ils appellent la direction à privilégier la mise en place d'une Gestion prévisionnelle des emplois et de compétences (GPEC) «avant d'envisager tout licenciement».

A l'issue du CCE, un syndicaliste a dit à l'AFP n'avoir «absolument rien appris» lors de la réunion.

«Ils nous ont présenté des diapositives concernant le projet de réorganisation», mais «pour nous, ça va être une opération très difficile à atteindre» car «on ne voit pas comment on peut se séparer d'autant de salariés alors qu'on travaille déjà à flux tendu», a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Il a précisé que les discussions sur la réorganisation commenceraient officiellement lors d'un CCE le 18 février. Syndicats et direction auront alors quatre mois pour tenter de parvenir à un accord sur le plan.

Les syndicats de Veolia Environnement avaient réclamé il y a huit jours la démission de leur PDG Antoine Frérot, arguant que les quatre branches du groupe (Eau, Propreté, Energie et Transport) subissaient «des restrictions quotidiennes et restructurations qui ne tiennent pas compte des services publics que nous assurons».

Veolia est leader dans l'eau en France devant son grand rival Suez Environnement (ex-Lyonnaise des Eaux), avec un chiffre d'affaires annuel de 3,4 milliards d'euros, soit 11,5% du total du groupe.

Mais, depuis plusieurs années, l'activité de la division Eau souffre de la perte de contrats importants au profit de régies publiques et voit ses marges se réduire, les communes négociant à la baisse le renouvellement de leur contrat.

Dan un courrier adressé le 13 décembre aux salariés et consulté vendredi par l'AFP, M. Frérot a tenté de les rassurer en soulignant que Veolia n'avait «absolument pas la volonté de se séparer de ses activités de gestion de l'eau en France».

Il a également dit que «le projet de transformation» de Veolia Eau était «indispensable à l'avenir de nos activités» et qu'il est nécessaire d'adapter les structures «à un contexte économique qui se durcit».

Veolia Environnement compte plus de 300.000 salariés dans le monde, dont un peu plus de 100.000 en France.