Sécurité sur les pistes: Un enjeu prioritaire pour les stations de ski

William Molinié

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Aux Deux-Alpes (Isère), des messages d'avertissement préconisent aux skieurs la prudence.
Aux Deux-Alpes (Isère), des messages d'avertissement préconisent aux skieurs la prudence. — William Molinié / 20 MINUTES

De notre envoyé spécial aux Deux-Alpes (Isère),

«Nous avons constaté que certaines familles ne voulaient plus remettre les pieds en station à cause de la sécurité sur les pistes et du danger». Aux Deux-Alpes (Isère), on mise sur le retour des profils de skieurs dits «tranquilles» et des familles. «C’est devenu un enjeu pour toutes les stations», souffle-t-on à l’office de tourisme.

Il y a chaque année, en France, une quinzaine de tués sur les pistes. Et autant de morts dites «non traumatiques» (par exemple, une crise cardiaque) qui surviennent sur les domaines skiables.

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«Pour les Russes et les Britanniques, la sécurité est le critère numéro un dans le choix des stations de ski. Les Français aussi estiment que c’est important», poursuit Bertrand, un pisteur de la station. «Il y avait un gros effort à faire sur la sécurité. C’est mieux dans certaines stations. Mais pas toutes», ajoute un autre.

«Slow Zone»

Entre les clubbers venus faire la fête dans les établissements situés en haut des pistes, les riders des snow-park et les skieurs hésitants, les familles et les débutants ont parfois du mal à trouver leur place sur les pistes d’une station réputée sportive comme celle des Deux-Alpes.

«Cette année, nous avons créé une “Slow Zone” depuis le haut des pistes jusqu’en bas», précise-t-on à l’office de tourisme de la station. En clair, des pisteurs seront chargés de «trier» les skieurs en fonction de leurs niveaux et de les répartir sur chaque côté de ces pistes balisées.

50.000 interventions

Depuis quinze ans, une journée par semaine, la station met gratuitement à disposition des skieurs des guides et des professionnels de la montagne. «On leur parle du hors-piste et des risques. Ce n’est pas de la formation, mais de la sensibilisation», explique un moniteur de l’Ecole de ski français (ESF).

Le Système national d'observatoire de la sécurité en montagne (SNOSM) recense environ 50.000 interventions sur les pistes, avec en moyenne 1 blessé par intervention, pour 8 millions de pratiquants.