Crash de Charm-el-Cheikh: L’ancien directeur de Flash Airlines convoqué par la justice

Vincent Vantighem

— 

Le mémorial des victimes du crash aérien de Charm-el-Cheikh, en Egypte.
Le mémorial des victimes du crash aérien de Charm-el-Cheikh, en Egypte. — Frederic Stevens / Sipa

«C’est interminable. Mais tant que l’instruction n’est pas close, nous avons toujours l’espoir de savoir ce qu’il s’est vraiment passé…» Président de l’association des proches de victimes, Claude Fouchard ne désespère pas totalement de découvrir enfin la vérité sur le crash de Charm-el-Cheikh. Le 3 janvier 2004, le vol 604 de la compagnie Flash Airlines s’est écrasé au large de la station balnéaire égyptienne alors qu’il venait de décoller pour rallier l’aéroport de Roissy en France. L’accident a fait 148 victimes, dont 135 Français. Parmi eux, onze membres de la famille de Claude Fouchard.

Cinquante tomes de procédure mais personne à accuser

Dix ans après les faits, le juge qui instruit l’affaire à Bobigny (Seine-Saint-Denis) a convoqué, ce jeudi, Mohammed Nour, l’ancien directeur de la compagnie Flash Airlines, afin de tenter de comprendre les raisons de l’accident. «Il vit en Egypte. On verra déjà s’il répond à la convocation et se présente au tribunal, commente Jean-Pierre Bellecave, l’un des avocats qui défend les proches des disparus. C’est tout de même le principal protagoniste dans ce dossier…»

Plans de vols, manuels techniques et rapports d’experts: plus de cinquante tomes de documents constituent l’instruction en cours depuis dix ans. Mais rien a priori qui permette d’accuser quelqu’un de la moindre responsabilité dans cette affaire. Et pour cause, les autorités égyptiennes n’ont jamais voulu répondre favorablement aux commissions rogatoires internationales délivrées par la justice française.

Manque de formation et fatigue du pilote?

Pourtant, les familles des victimes ont eu l’occasion de se forger leur propre opinion. Publié en 2009, un rapport d’experts a pointé du doigt le «manque de formation et d’expérience» du pilote et du copilote ainsi que leur «fatigue» au moment du vol. «Mais aujourd’hui, ils sont morts, balaie Jean-Pierre Bellecave. Quant à la compagnie Flash Airlines, elle a mis la clé sous la porte. Qui voulez-vous accuser du crash?»

«On pouvait espérer que le changement de régime politique en Egypte modifie la donne mais il n’en est rien», se désole Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs.

De leur côté, les familles des disparus ont prévu de se rendre à Charm-el-Cheikh le 3 janvier prochain pour commémorer les dix ans de l’accident. «Cela aidera les gens à faire leur deuil, précise Claude Fouchard. Et à se préparer à un possible non-lieu…» A moins que Mohammed Nour ne se présente au tribunal ce jeudi et livre enfin la vérité.