Toulouse: Foule aux Izards en mémoire du jeune tué à l'arme de guerre

HOMMAGE 500 personnes ont marché en silence ce dimanche à Toulouse en hommage à un jeune homme tué quelques jours plus tôt...

avec AFP

— 

Cinq cents personnes ont marché en silence, dimanche à Toulouse à travers le quartier des Izards, en mémoire d'un boulanger de 18 ans tué d'une balle de Kalachnikov une semaine auparavant, décrit comme la "victime d'un règlement de comptes qui ne le concernait pas".
Cinq cents personnes ont marché en silence, dimanche à Toulouse à travers le quartier des Izards, en mémoire d'un boulanger de 18 ans tué d'une balle de Kalachnikov une semaine auparavant, décrit comme la "victime d'un règlement de comptes qui ne le concernait pas". — Pascal Pavani AFP

Cinq cents personnes ont marché en silence, ce dimanche à Toulouse à travers le quartier des Izards, en mémoire d'un boulanger de 18 ans tué d'une balle de Kalachnikov une semaine auparavant.

Un homme en garde à vue

Un homme de 29 ans, interpellé vendredi dans le quartier, était ce dimanche en garde à vue à Toulouse, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour «meurtre en bande organisée et tentatives de meurtre en bande organisée», après les tirs des 5 et 8 décembre.

Ce dimanche après-midi, deux motards de la police ont précédé la foule qui a traversé les Izards jusqu'au nouveau quartier de Borderouge, dans le silence du deuil seulement ponctué de chants religieux musulmans.

Les marcheurs - portant des tee-shirt à l'effigie de Nabil, des ballons blancs, des roses - se sont rassemblés devant les lieu même de la fusillade du 8 décembre, l'entrée d'une barre de neuf étages en pleine rénovation. Nabil Benani y avait été atteint d'une balle à l'abdomen. Il avait succombé à ses blessures deux jours plus tard.

>> Retrouvez ici notre premier article sur l'affaire

Loi du silence

«Ils disent qu'il y avait deux agresseurs. Il y a eu des témoins. Mais il y en a qui ne veulent pas parler», explique anonymement une mère de famille.

Les jeunes hommes de l'âge de Nabil sont très nombreux dans la marche mais peu loquaces. Tout juste acceptent-ils de le décrire comme un «enfant sage» qui habitait ici «depuis qu'il était tout petit», travaillait à la boulangerie familiale voisine avec son père et ses grands frères, jouait au foot et «respectait les gens».

Aux Izards, c'est «Business» et «règlement de comptes»

Foulard blanc assorti à sa djellaba, la mère du jeune homme, Naïma, se dit trop «choquée» pour parler de son «gosse adorable qui rigolait avec tout le monde». Mais à son côté, son amie Hamida décrit «un quartier chaud, quand même» qui «s'est gravement dégradé» ces dernières années.

Les Izards, décrit comme une plaque tournante du trafic de drogue à Toulouse, peut apparaître par grand soleil comme un quartier populaire agréable, où se côtoient maisons au toit de tuiles et immeubles pas très hauts. Bien desservi par les transports, il jouxte les nombreuses résidences neuves et futurs bureaux du nouveau quartier Borderouge.

Des enfants livrés à eux-mêmes

Moufida Hamdi, mère au foyer de cinq enfants, s'exprime devant les médias. «On est toutes concernées, on est toutes des mères, cela aurait pu être le fils de l'une d'entre nous», dit-elle, sûre que Nabil est «parti pour rien, victime de règlements de comptes qui ne le concernait pas».

Classés depuis 2012 en Zone de sécurité prioritaire, les Izards souffrent aussi d'avoir été le quartier d'attache de Mohamed Merah, le jeune «tueur au scooter» qui assassina trois militaires, trois enfants et un professeur juifs, en 2012, au nom du «jihad».

Selon La Dépêche du Midi, l'homme actuellement gardé à vue avait été interpellé puis relâché, il y a quelques mois, dans le cadre de «l'affaire Merah» et de ses supposées complicités. Selon le journal, il avait aussi été condamné en 2008 à quatre ans de prison pour un cambriolage violent.