Manuel Valls présente un «plan» contre les clandestins à Calais

SOCIÉTÉ veut renégocier avec Londres...

M.P. avec AFP

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Manuel Valls, le 12 décembre à Calais.
Manuel Valls, le 12 décembre à Calais. — P. HUGUEN / AFP

Le ministère de l'Intérieur Manuel Valls a présenté jeudi à Calais (Pas-de-Calais) un plan pour la sécurisation de la ville et une lutte renforcée contre l'immigration irrégulière, qui passe selon lui par une renégociation de la coopération franco-britannique. Lors de sa visite attendue depuis des mois, le ministre a annoncé que la compagnie de CRS présente à Calais allait être placée sous l'autorité directe du directeur départemental de la sécurité publique, et pourrait procéder «le cas échéant» à des interpellations. La compagnie sera «fidélisée» pour une meilleure connaissance du terrain.

Le nouveau directeur départemental de la police aux frontières, installé jeudi, aura autorité sur les effectifs de la Côte d'Opale, soit jusqu'à Dunkerque, dans le département du Nord, «pour une politique efficace et coordonnée». «C'est une organisation plus adaptée que la création d'une nouvelle ZSP», a estimé le ministre lors de cette conférence de presse, laissant toutefois la porte ouverte à cette éventualité à l'avenir. Un premier bilan sera tiré au printemps 2014, selon Manuel Valls.

«Nous n'avons pas eu la hausse d'effectifs que nous attendions», a toutefois regretté la sénatrice-maire UMP de Calais, Natacha Bouchart, qui a ajouté qu'elle ne renonçait pas à ce que sa ville soit classée en ZSP, lors du quatrième volet d'attribution de cette classification.

Efforts pour intercepter les migrants

Elue pour la première fois en 2008 et candidate à la réélection, elle réclame depuis longtemps des renforts policiers pour sa ville de 75.000 habitants, au coeur d'une agglomération d'environ 125.000 personnes. Si au niveau national Manuel Valls a demandé de renforcer le contrôle des migrants pour qu'ils soient interceptés avant leur arrivée à Calais, le ministre a également évoqué un effort au niveau européen et avec le voisin britannique. Le Royaume-Uni est en effet la destination visée par les migrants qui se voient forcés de faire escale à Calais, et souvent ne souhaitent pas rester en France.

Le ministre a ainsi évoqué les accords entre Paris et Londres en matière de lutte contre l'immigration. «Pour faire vivre ces accords, il nous faut une coopération pleine et entière de tous les acteurs. Il faudra aussi sans doute envisager d'en compléter ou d'en renégocier certains aspects pour renforcer la coopération franco-britannique et européenne», a déclaré Manuel Valls. «Ces accords ont eu leur utilité», a reconnu le ministre, soulignant que le nombre de migrants a fortement diminué depuis les années 2000.

Pression accrue sur les clandestins

Le ministre a indiqué avoir, lors d'une récente rencontre avec son homologue britannique Theresa May à Bruxelles, proposé une visite commune à Calais «dans les premiers mois de 2014».

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, il y a en permanence 300 à 350 migrants clandestins à Calais qui tentent de passer en Angleterre, située à 38 km, de l'autre côté de la Manche. Les associations les estiment à environ 500. Les associations de défense de migrants ont manifesté depuis la rentrée leur opposition à une pression accrue sur ces clandestins. Plusieurs squats ont été évacués. Néanmoins, des riverains se plaignent d'insécurité et de la violence entre migrants.

La multiplication des squats a suivi le démantèlement de la «jungle» en 2009, vaste campement où se sont rassemblés jusqu'à 2.000 migrants. «Il n'y a pas de solution magique (...) car cela fait des années que les problèmes durent et ma préoccupation est d'agir avec fermeté et humanité(...) et de répondre aux attentes et aux craintes de la population de Calais et du Calaisis», avait indiqué M. Valls, avant d'aller visiter le centre de rétention administratif de Coquelles.