Hors-piste en montagne: Qui est responsable en cas d'avalanche?

William Molinié

— 

Aux Deux-Alpes (Isère), des messages d'avertissement préconisent aux skieurs la prudence.
Aux Deux-Alpes (Isère), des messages d'avertissement préconisent aux skieurs la prudence. — William Molinié / 20 MINUTES

Leur légitimité est renforcée. Depuis le 1er octobre, les policiers secouristes des unités alpines des CRS sont habilités à faire un travail de police judiciaire. Comme leurs collègues gendarmes, ils ont désormais la qualification d’officier de police judiciaire (OPJ) et sont chargés, lors de leurs interventions, de procéder aux premières constatations.

Sur d’éventuelles avalanches, il s’agit d’établir les responsabilités. «Quand elles sont déclenchées par un skieur en hors-piste, les poursuites peuvent aller de la mise en danger d’autrui jusqu’à l’homicide involontaire», explique à 20 Minutes Laurent Jaunatre, capitaine adjoint des CRS-Alpes, chef de la section Isère.

«Secours payant»?

Concrètement, plusieurs responsables peuvent être poursuivis. «Les déclencheurs de l’avalanche, bien entendu. Mais aussi parfois, les stations de ski elles-mêmes si il y a par exemple un défaut d’information», poursuit le CRS.

Quand l’information est donnée en haut des pistes par des balises ou des informations de dangerosité, seul le skieur déclencheur de l’avalanche est responsable. En revanche, les secours sont pris en charge par l’Etat, sans considération pour la notion du coût d’intervention. Une situation qui découle du délit de «non-assistance à personne en danger».

La notion de «secours payant» a fait son apparition en Suisse. En France, elle fait polémique et revient régulièrement sur la place publique, au rythme des faits divers. Comme cet été, avec les «faux disparus» des gorges du Verdon, dont le coût des opérations de recherche s’était élevé à 65.000 euros.