Le documentaire «Sur le chemin de l’école», un outil pédagogique pour les profs

Delphine Bancaud

— 

Les enfants du documentaire de Pascal Plisson Sur le chemin de l'école.
Les enfants du documentaire de Pascal Plisson Sur le chemin de l'école. — Winds / E. Guionet

Rares sont les documentaires qui s’imposent dans les établissements. Sorti au cinéma le 25 septembre, Sur le chemin de l’école de Pascal Plisson raconte les aventures de quatre enfants vivant au Maroc, en Inde, en Patagonie et au Kenya qui bravent tous les dangers pour se rendre à l’école. Un film qui a suscité un véritable engouement tant dans les cours d’écoles que dans les salles des profs.

Selon son réalisateur, Pascal Plisson, «les groupes scolaires représentent 80% des entrées actuelles pour ce film». Exemple avec l’école élémentaire Tour d'Aleron de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) , où toutes les classes sauf le CP ont été voir le film. «L’an dernier, nous avions travaillé sur un projet avec l’Unicef concernant l’accès à l’école dans le monde. Ce documentaire s’inscrivait dans la continuité de ce travail», explique la directrice, Elisabeth Soumah, qui enseigne aussi en CM2.

Diane Bugeon, enseignante en CM1 à l’école Paul-Bert de Malakoff (Hauts-de-Seine), a elle aussi emmener sa classe au cinéma: «Cela m’intéressait de leur montrer des témoignages d’enfants pour lesquels l’école n’est pas obligatoire», explique-t-elle. Pour Bénédicte, professeur d’histoire-géographie au collège Saint-Charles de Pignan (Hérault), le documentaire de Pascal Plisson était l’occasion d’introduire son cours «humanité et développement» qu’elle va bientôt dispenser aux élèves de 5e. «Un chapitre entier est consacré à l’inégal accès à l’éducation dans le monde. Ce film était idéal pour rendre concrètes des situations que mes élèves ont du mal à imaginer.»

Des images qui ont suscité le débat

Lors de la projection du film, les élèves ont d’ailleurs été très attentifs et leurs réactions ne se sont pas fait attendre. «Certaines séquences les ont fait pleurer, d’autres rire», témoigne Elisabeth Soumah. «Les petits frères de Samuel, le petit Indien en fauteuil roulant, les ont fait beaucoup rire», raconte Bénédicte. «A la fin du film, mes élèves ont tous applaudi», se souvient aussi Diane Bugeon. Des images qui ont suscité beaucoup de réactions, une fois les élèves revenus en classe: «Certains ont trouvé que les enfants marocains étaient beaucoup moins aidés par les adultes dans leur tentative d’aller à l’école que les petits Indiens», souligne Elisabeth Soumah. «Beaucoup d’élèves avaient du mal à comprendre que l’on prenne autant de risques pour aller à l’école», ajoute Bénédicte. «Les conditions de vie très précaires des enfants les ont aussi beaucoup marqués», souligne Diane Bugeon.

Sujet de débat, le documentaire sert aussi de support pédagogique aux enseignants: «Certaines classes ont repéré les pays des protagonistes du film sur des cartes du monde et ont fait des recherches sur Internet. J’en ai aussi profité pour repasser un diaporama sur le travail des enfants qui n’ont pas la chance d’aller à l’école. En cours d’éducation civique, on a également travaillé sur l’accès des enfants à l’école. Et le film a donné lieu à des productions écrites où chaque élève a expliqué quel personnage du film il préférait et pourquoi», raconte Elisabeth Soumah. «J’ai demandé à mes élèves d’écrire une petite critique du film, c’était un très bon exercice», précise de son côté Diane Bugeon. «Il y a des images que mes élèves n’oublieront pas et qui ont permis de concrétiser des notions qu’ils n’auraient jamais comprises dans des livres. C’est une autre manière de les ouvrir au monde», insiste aussi Bénédicte.

Reste à savoir si le film a permis aux enfants de mieux comprendre l’intérêt de l’école, voire même de les motiver dans leur scolarité. «Je n’ai pas senti qu’ils étaient plus consciencieux après avoir vu le documentaire. Mais ils ont compris qu’aller à l’école était un privilège. Et ça c’est déjà beaucoup», conclut Diane Bugeon.