L'association Rejoué propose un noël plus solidaire

Oihana Gabriel

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L'association Rejoué raccomode, nettoie et revend des jouets inutilisés et donnés par des particuliers ou des entreprises.
L'association Rejoué raccomode, nettoie et revend des jouets inutilisés et donnés par des particuliers ou des entreprises. — VINCENT WARTNER/20 Minute/SIPA

L’atelier de Rejoué, dans le 14e arrondissement à Paris, prend des airs de caverne du père Noël solidaire. Même si les jouets arrivent parfois en piteux état. Car l’équipe de cette association s’active pour que poupées et jeux de construction reçus en dons trouvent une deuxième vie et de nouveaux propriétaires. Les vingt-deux salariés, des personnes qui ont été éloignées de l’emploi et ont signé un contrat d’un an pour s’essayer à différents métiers, trient, testent, nettoient et reconditionnent les joujoux donnés par des écoles, des collectivités, entreprises ou particuliers.

«La première étape, c’est de peser la collecte, dévoile Claire Tournefier, à l’origine du projet. Depuis l’ouverture de l’atelier en mars 2012, 14 tonnes de jouets ont trouvé un nouveau départ. Premier réflexe: chercher la marque CE, «seul marquage qui signifie qu’ils peuvent être mis sur le marché dans l’Union européenne», précise la fondatrice dans son atelier. Les salariés vérifient que les jeux sont complets et fonctionnent. Vient ensuite l’étape pointilleuse de l’assemblage: les dés voyagent d’une boîte de jeu de société à l’autre, les petites voitures cherchent leur conducteur… «On reçoit des barbies à moitié habillées, décoiffées…», raconte Claire Tournefier.

Un projet pour détourner les jouets

Ce jeudi, quatre étudiantes de l’école Boulle font leur marché dans les cartons remplis de jouets trop abîmés pour être revendus dans la salle de tri. La section design produits de cette école mène en effet un projet de détournement des jouets. «On en fait des objets usuels et on revalorise les rebuts, explique Eléonore, étudiante. On a ainsi inventé un cintre avec des jambes de Barbie, un porte-clefs avec un Légo, des épaulettes en peluche…»

La salle d’à côté n’accepte que deux invités: Légo et Playmobil. Patricia, une bénévole de l’association, marie des pièces détachées au plus près des modèles glanés sur Internet. Etape suivante: le nettoyage. Les doudous et autres poupées en tissu tournent dans les machines à laver quand leurs camarades en plastique sont récurés dans une machine à vaisselle de restauration. Les pièces passent ensuite entre les doigts de fée de quatre femmes qui assemblent, contrôlent, emballent. Enfin, Sarah détermine son prix de vente. «Tous les cadeaux sont entre 50 et 80% moins chers que le prix du neuf, en fonction de leur état», détaille Claire Tournefier.

Une boutique vient d’ouvrir à Gaîté

Des cadeaux qui atterrissent dans la boutique Rejoué au 80, avenue du Maine, qui a ouvert ses portes il y a deux semaines. Et les parents se prennent au jeu. Axelle, 31 ans, a déjà acheté chez cette association et, convaincue, a choisi cette fois un panier de légumes et un jeu de construction en bois pour son fils de 2 ans. «J’ai décidé d’acheter ici parce que devant les rayons rangés et marketés de la Grande Récré, j’ai eu un écœurement. On habite dans 50m2, on n’a pas la place d’avoir 1.000 jeux.

Et puis je ne vois pas l’intérêt d’avoir du neuf. Surtout que dans trois ans, quand mon fils ne jouera plus avec ces jouets, je pourrais revenir les donner. Ici, c’est simple d’être solidaire, je n’ai pas l’impression de faire une bonne action.» Et la solidarité adopte plusieurs niveaux avec Rejoué, puisque pour ce Noël, l’association enverra des cadeaux aux Restos du Cœur. «Les entreprises qui nous offrent ces jouets nous aident à progresser dans la vente et ces jouets atterriront dans les mains d’enfants qui n’ont pas toujours la chance de recevoir des cadeaux de Noël», résume Claire Tournefier. Une deuxième vie pour ces doudous, peluches et poupées que les héros de Toy Story 3 apprécieraient.

*Pour déposer vos jouets inutilisés, rendez-vous les lundis, mardis, jeudis et vendredi de 9h30 à 17h rue du général Humbert (14e).