«Le film "Sur le chemin de l’école" a une portée universelle»

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Pascal Plisson, réalisateur du documentaire «Sur le chemin de l’école».
Pascal Plisson, réalisateur du documentaire «Sur le chemin de l’école». — Urs Flueeler/AP/SIPA

Le quotidien de quatre enfants, prêts à braver tous les obstacles pour se rendre à l’école et ainsi changer de vie… Sorti le 25 septembre dans les salles obscures, le documentaire Sur le chemin de l’école est toujours diffusé dans 181 cinémas en France et compte déjà à son actif plus de 875.000 entrées. Pascal Plisson, son réalisateur, fait l’autopsie de ce succès.

Vous attendiez-vous à un tel succès de votre documentaire «Sur le chemin de l’école»?

Pas du tout. Dans mes rêves les plus fous, je tablais sur 300.000 entrées alors qu’on en est à 875.000. A l’heure actuelle, c’est le sixième documentaire le plus vu en France dans l’histoire du cinéma. C’est d’autant plus une surprise qu’il n’a pas connu un gros démarrage. Le bouche-à-oreille a été formidable.

Comment analysez-vous cet engouement?

C’est un film très optimiste, via lequel des enfants du bout du monde nous donnent une leçon de vie, sans que cela soit moralisateur pour autant. Et il touche un public très large.

Comment expliquez-vous que le film soit devenu un outil pédagogique pour les enseignants?

Actuellement, 80% des spectateurs sont des scolaires. Et je passe ma vie dans des établissements pour débattre du film avec des élèves de CP jusqu’en terminale. C’est rare qu’un documentaire passe les portes de l’école, mais je pense qu’il permet aux enseignants d’aborder diverses problématiques: l’accès à l’éducation, la pauvreté, la fraternité…  C’est l’occasion d’organiser des débats, de proposer des rédactions afin que chacun raconte son propre chemin pour aller à l’école… Il donne aussi une autre image de l’école aux enfants français qui traînent souvent les pieds pour y aller. Ils comprennent que pour beaucoup d’enfants dans le monde, l’éducation, c’est la chance de leur vie.

Pensez-vous que ce film va continuer sa belle carrière?

Oui, notamment à l’étranger. Car il est déjà sorti dans une vingtaine de pays et je pense qu’il a une portée universelle. L’autre jour, j’ai assisté à sa diffusion au Qatar, et il a touché les enfants de la même manière qu’ici.

Que sont devenus les enfants du film?

Je suis toujours en contact avec eux et certains m’ont même accompagné lors de projections. J’ai trouvé des parrains pour eux qui vont les aider à financer leur scolarité. Ils sont d’ailleurs brillants à l’école. Quant à moi, je prépare un nouveau documentaire sur l’école, qui s’inscrira dans la continuité du premier…