Etude Pisa: Comment Vincent Peillon compte redresser la barre

Delphine Bancaud

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Le collège «connecté» Georges Charpak à Goussainville (Val d'Oise).
Le collège «connecté» Georges Charpak à Goussainville (Val d'Oise). — v.Wartner/20 minutes

Plus jamais ça. Après avoir qualifié les résultats de la France à l’étude Pisa «inacceptables», Vincent Peillon a détaillé sa stratégie pour redresser le niveau scolaire des jeunes Français dans les prochaines années. Des mesures jugées parfois insuffisantes par les observateurs du monde éducatif. Revue de détails.

1) Redonner du temps scolaire aux élèves

L’OCDE a maintes fois souligné que la France restait parmi les pays dont la scolarité est la plus concentrée, avec 140 jours d’école en primaire et 178 jours dans le secondaire, tandis que la moyenne OCDE est respectivement de 186 et 184 jours. D’où la réforme des rythmes scolaires initiée à la rentrée, pour alléger les journées d’école en répartissant mieux le temps scolaire sur l’année. Mais pour certains syndicats, comme le SE-Unsa, il reste encore beaucoup à faire sur le sujet, notamment en ce qui concerne la journée des collégiens.

2) Remettre en place une formation pour les enseignants  

Fini les professeurs débutants envoyés devant une classe sans expérience. Depuis la rentrée 2013, la formation des enseignants a été rétablie grâce à la création des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE). Reste que pour Eric Charbonnier, expert éducation de l’OCDE, il faudrait aller encore plus loin «en relançant la formation continue et en réfléchissant à un meilleur accompagnement des jeunes enseignants».

3) Traiter la grande difficulté scolaire

Vincent Peillon s’emploie à recréer une partie des postes de Rased (réseaux d'aides spécialisées pour les élèves en difficulté) que le précédent gouvernement avait détruits. Il mise aussi sur le dispositif «Plus de maîtres que de classe» initié à l’école primaire cette année pour permettre un encadrement spécifique des élèves en difficulté. La scolarisation des enfants de trois ans a également été réactivée dès cette rentrée dans les zones d’éducation prioritaires, car elle est bénéfique aux enfants des milieux défavorisés en termes de socialisation et de maîtrise du langage. Des mesures encore insuffisantes pour le SNUipp qui appelle à «un déploiement plus significatif du dispositif «Plus de maitres que de classes»» et à un effort plus massif concernant la scolarisation des moins de trois ans.

4) Revoir les programmes

Trop lourds, injonctifs, pas assez axés sur les fondamentaux… Voilà quelques-unes des critiques les plus courantes sur les programmes. Le ministre a donc décidé de les toiletter et en annoncera les contours début 2014. Les nouveaux programmes entreront en vigueur dès la rentrée 2014 en maternelle, à la rentrée 2015 pour les classes de CP, CM1 et 5e, à la rentrée 2016 en CE1, CM2 et 4e et à la rentrée 2017 pour les classes de CE2, 6e et 3e.

5) Réformer l’éducation prioritaire

En janvier, le ministre annoncera des mesures pour doter l’éducation prioritaire de plus amples moyens, réviser la carte scolaire, mieux accompagner les enseignants… Mais pour que cette réforme porte ses fruits, elle devra «prévoir une formation des enseignants aux spécificités de l’enseignement en ZEP et des systèmes incitatifs pour y exercer», prévient Eric Charbonnier.

6) Changer les pratiques pédagogiques

«Il est nécessaire de privilégier une évaluation qui soutienne les efforts des élèves sans les décourager», a déclaré ce mardi Peillon. Le système de notation pourrait donc être revisité. Par ailleurs, le ministre a déjà engagé le mouvement pour limiter les redoublements, jugés contre-productifs par l’OCDE. Reste que pour Eric Charbonnier, il faut aller plus loin «en individualisant la pédagogie en fonction du niveau des élèves».