Etude Pisa sur les performances des élèves: Comment la France peut-elle progresser?

Delphine Bancaud

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Illustration - Cour de chimie en vue de la préparation au baccalauréat dans une classe du lycée Galilée à Gennevilliers, le 23 mai 2013.
Illustration - Cour de chimie en vue de la préparation au baccalauréat dans une classe du lycée Galilée à Gennevilliers, le 23 mai 2013. — P.-M. TALBOT / 20 MINUTES

Les résultats très mitigés des performances scolaires des élèves français dans l’étude Pisa de l’OCDE publiée ce mardi appellent à des réformes. Michel Richard, secrétaire général adjoint du Snpden (le syndicat des chefs d'établissements) et principal au collège Jean-Philippe Rameau de Versailles (Yvelines) livre ses solutions pour secouer le Mammouth.

Revoir l’organisation des cycles d’enseignement

 «Il faut redonner à la maternelle son rôle de lieu de socialisation et des premiers apprentissages (maîtrise du langage, développement sensoriel et moteur). Elle ne doit plus être un petit CP comme actuellement. Il faut aussi agir sur l’école primaire afin de la recentrer les apprentissages fondamentaux (lire, écrire, compter, parler). Actuellement, le collège fonctionne trop comme un petit lycée qui sélectionne les élèves. Or, il  doit être le lieu d’acquisition du socle commun de culture et de compétences. Il est également nécessaire de repenser la journée des collégiens car leur imposer un effort intellectuel continue pendant plus de trente heure de cours par semaine est contre productif. D’où l’idée d’alléger leur journée de classe, tout en limitant les devoirs qu’on leur donne à la maison».

Mieux prendre en charge les difficultés scolaires

«Je ne pense pas que multiplier les cours de soutien soit la bonne option pour aider les élèves en difficultés, car cela les stigmatise. Or, l’estime de soi est nécessaire à la réussite scolaire. Il faut en revanche étendre le dispositif «Plus de maîtres que de classes» qui a été initié dès cette rentrée dans le primaire, afin de mieux repérer les difficultés des élèves et les prendre en charge dès le début de leur scolarité».

Revoir la carte scolaire

«Toutes les études internationales démontrent que l’hétérogénéité des élèves est une condition de réussite scolaire. Il faut donc engager une vraie réflexion sur la nécessité d’avoir une véritable mixité scolaire, sociale et géographique dans les établissements».

Changer le système d’évaluation des élèves

«Le système de notation des élèves paralyse certains d’ entre eux, en soulignant leurs difficultés. Je pense qu’il est nécessaire de passer de la culture de la notation à celle de l’évaluation des savoirs, des savoirs faire et des savoirs être».

Améliorer les conditions de travail des enseignants en ZEP
«Pour encourager les vocations, il faut mettre en place des dispositifs incitatifs (meilleure rémunération, décharge horaire, formation spécifique…) Il faut ensuite s’assurer que ces enseignants restent un certain temps dans ces établissements (par exemple 5 ans) afin de pouvoir travailler sur la durée, puis favoriser ensuite leur mutation.»