Abattoir clandestin de La Courneuve: «L’hygiène était épouvantable et les canards assoiffés»

William Molinié

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Un abattoir clandestin a été démantelé à La Courneuve le 2 décembre 2013.
Un abattoir clandestin a été démantelé à La Courneuve le 2 décembre 2013. — Loan Ego / Fondation Brigitte Bardot

Des poules, des canards, des coqs, des lapins… La police et les services vétérinaires ont démantelé toute la journée de dimanche à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) un abattoir clandestin d’animaux, destinés à la consommation dans les restaurants asiatiques. Christophe Marie, porte-parole de la fondation Brigitte Bardot, revient pour 20 Minutes sur l’opération à laquelle il a assisté…

Comment avez-vous découvert cet abattoir?

C’est à la suite d’investigations de la police sur des cris d’animaux qu’on a réussi à mettre la main sur cette place. Une première opération il y a quelques semaines des services vétérinaires n’avait rien donné. On y est retourné dimanche, jour de la semaine qui était présenté comme a priori le jour d’abattage le plus important. Ça a duré toute la journée. Trois personnes ont été arrêtées par les policiers.

Dans quel état avez-vous trouvé les animaux?

Il y avait une première pièce où ils étaient stockés. La mise à mort se déroulait à côté, sans étourdissement. L’hygiène était épouvantable. Il est certain que cela durait depuis un certain temps. Les canards étaient complètement déshydratés et assoiffés. Ils étaient détenus dans des cages très plates. C’étaient des conditions de transport, pas de détention.

Avez-vous connu des précédents?

De cette dimension, non. Les précédents sont assez rares. La structure était relativement petite. Mais les animaux tués n’étaient pas destinés à l’alimentation des particuliers. Les clients sont des restaurateurs d’établissements asiatiques. Il est probable qu’il existe d’autres abattoirs clandestins de ce type.

Quelles sont les suites judiciaires?

Plusieurs procédures sont en cours. La fondation Brigitte Bardot est partie prenante de celle concernant les actes de cruauté sur animaux. Le services vétérinaire enquêtent sur l’hygiène et la police sur l’exploitation de personnes non déclarées.

Que vont devenir les 200 animaux retrouvés?

Nous les avons transportés toute la journée d’hier dans une ancienne résidence de Brigitte bardot, une bergerie située en Ile-de-France. Les canards qu’on a sortis de leurs cages plates se sont déjà redressés. On les garde en quarantaine et ils sont examinés par un vétérinaire. Le fait qu’ils ne soient pas tracés peut poser des questions de santé publique.