Marche pour la révolution fiscale: «Les gens ont une démarche citoyenne»

Mathieu Gruel

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Manifestation du Front de Gauche le 1er décembre 2013
Manifestation du Front de Gauche le 1er décembre 2013 — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il y avait des bonnets rouges. Mais ceux-là étaient phrygiens. «Pas de ces contrefaçons ici», raillent Agnès et Michelle. Militantes au Parti Communiste Français (PFC) depuis 30 ans, elles viennent de participer à la marche «pour une révolution fiscale», organisée ce dimanche par le Front de Gauche.

Et sur la place Léonard-Bernstein (12e), à proximité du siège du ministère des Finances de Bercy, où commencent à affluer les «marcheurs énervés», les deux militantes sont là pour demander «plus de justice fiscale». Mais aussi pour «se donner de l'espoir en se serrant les coudes».

A quelques mètres d’elles, de nombreux leaders de gauche doivent prendre la parole dans quelques minutes. Mais Fatou, militante associative, ne restera pas. «Je les connais les discours», explique-t-elle. Se disant socialiste, elle a d’ailleurs voté Hollande, mais en a ras-le-bol «du matraquage fiscal». Pour elle c’est clair, «il faut un politique de gauche».

Entre 100.000 et 7.000 personnes

Comme elle, Patrick a également participé à la marche, «avec un regard extérieur». Ce gestionnaire à la retraite a voté Hollande, lui aussi. Mais il n'est «pas encore complètement déçu». Selon lui, «le gouvernement a hérité d'une situation créée par les politiques de droite». Et «Hollande essaye de gérer l'ingérable», analyse-t-il.

Alors, même s'il met en garde «contre l'explosion sociale et la montée du FN aux prochaines élections», le retraité «veut rester positif», constatant ce dimanche «que les gens ont une démarche citoyenne». Mais «il faut qu'Hollande en prenne la dimension».

Le Président de la République a d'ailleurs été copieusement sifflé par cette foule, composée de quelque 100.000 personnes selon les organisateurs, alors que la préfecture de police estimait leur nombre à 7.000.

Parmi eux, des artistes inquiets de la hausse prochaines de la TVA, mais aussi des retraités et des jeunes sans emplois, comme Youssef, qui dit désormais devoir s'acquitter d'une taxe d'habitation de 617 euro. «Donc on est là. On ne baissera pas les bras», ajoute-t-il.

«Ça aurait pu être plus massif»

Et alors que Pierre Laurent, le premier secrétaire du PCF vient de succéder à Jean-Luc Mélenchon sur l'estrade, Mathieu, jeune militant du Parti de Gauche, relativise. «Ça aurait pu être plus massif. Même si je trouve qu'il y a du monde», estime-t-il.

Autour de lui, quelques pancartes «non au fisc fucking» ou «fiers de payer l'impôt quand il est juste», beaucoup de drapeaux rouges et «pas mal de sympathisants du Front de Gauche, du NPA ou de syndicats», reconnait le jeune homme.

Alors, quant à savoir si l'appel du Front de Gauche a été entendu au delà de l'extrême gauche, «c'est une vraie question que je me pose».