Fillette tuée à Berck: Selon son avocate, la mère est «dans une logique parallèle»

FAITS DIVERS Mise en examen pour «assassinat», la mère de la petite Adélaïde explique qu'elle l'a tuée pour lui éviter un «avenir sombre»...

Vincent Vantighem (avec AFP)

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La plage de Berck-sur-mer où a été retrouvé le corps de la petite Adélaïde, le 26 novembre 2013.
La plage de Berck-sur-mer où a été retrouvé le corps de la petite Adélaïde, le 26 novembre 2013. — DENIS CHARLET / AFP

La mère de la fillette retrouvée morte sur une plage de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), mise en examen et écrouée pour assassinat samedi, est «dans une logique parallèle», a déclaré dimanche son avocate, Fabienne Roy-Nansion.

«Il faut essayer de prendre un peu de recul et de concevoir que c'est quelqu'un qui est dans une logique qui n'est pas du tout la nôtre, parce que cette logique a abouti à faire mourir une petite fille dans des conditions absolument incroyables. Elle est dans une logique parallèle à la nôtre», a expliqué Me Roy-Nansion au lendemain du transfèrement de sa cliente à la maison d'arrêt de Sequedin (Nord).

«Vous voulez comprendre et c'est normal»

«Non seulement on sent une logique parallèle à la nôtre mais en plus, c'est une femme qui est remarquablement intelligente. Elle est très bien élevée, elle a un langage extrêmement châtié. J'ai été frappée au premier coup d'oeil par le calme dans lequel elle était. Quand je lui ai dit, vous avez le choix de garder le silence, elle m'a répondu ''Non, je vais répondre aux questions, car j'imagine que tous vous voulez comprendre et savoir, et c'est normal''», a ajouté l'avocate.

«C'est un personnage hors du commun. Ce n'est pas de la froideur parce que quand elle parle de sa fille, les larmes lui montent. Elle me dit qu'elle l'a profondément aimée. C'est comme si elle disait ''J'ai aimé cette enfant, plus que tout. Je devais faire ça, je l'ai fait et maintenant faites ce que vous voulez avec moi. Vous me dites que je risque la perpétuité, je l'ai compris''», a encore confié Fabienne Roy-Nansion.

Le bébé a été un «accident»

«Je crois qu'elle a euthanasié cette enfant et qu'en l'euthanasiant, elle s'est euthanasiée aussi. Elle entrevoyait pour cette enfant un avenir sombre. Elle se disait ''La vie qu'elle aurait eue, c'est comme si c'était une maladie dont je l'ai soustraite"», a-t-elle poursuivi, assurant que sa cliente lui avait confié que le bébé avait été «un accident».