Ecotaxe: Entre 2.200 et 4.500 camions mobilisés sur les barrages filtrants

MANIFESTATIONS A la mi-journée, 47 points d'action étaient recensés en France...

avec AFP

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Les barrages filtrants mis en place par les routiers pour protester contre l'écotaxe provoquaient samedi des ralentissements sur plusieurs grands axes, le nombre de camions mobilisés étant de 4.500 selon les organisateurs et 2.200 selon le ministère de l'Intérieur.
Les barrages filtrants mis en place par les routiers pour protester contre l'écotaxe provoquaient samedi des ralentissements sur plusieurs grands axes, le nombre de camions mobilisés étant de 4.500 selon les organisateurs et 2.200 selon le ministère de l'Intérieur. — Frederick Florin AFP

Les barrages filtrants mis en place par les routiers pour protester contre l'écotaxe provoquaient samedi des ralentissements sur plusieurs grands axes, le nombre de camions mobilisés étant de 4.500 selon les organisateurs et 2.200 selon le ministère de l'Intérieur. A la mi-journée, la place Beauvau a recensé 47 «points d'action» des chauffeurs routiers, principalement des barrages filtrants et des opérations escargots, répartis sur l'ensemble du territoire.

«Nous sommes satisfaits de la mobilisation, et nous sommes très bien accueillis par les automobilistes, que nous laissons passer, et auxquels nous distribuons des tracts», a indiqué pour sa part à l'AFP un porte-parole de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), qui demande l'annulation de l'écotaxe, et pas seulement son report.

>> Tout comprendre de l'écotaxe

A 12h30, le Centre national d'informations routières (CNIR) a fait état d'une vingtaine de zones où la circulation est difficile. «Le cumul de bouchons est actuellement de 16 km en Ile-de-France et de 51 km en province, ce qui correspond à la moyenne habituelle», selon son point de situation.

Ralentissements très importants sur l'A4 vers Paris

En Ile-de-France notamment, le CNIR recense notamment «des ralentissements très importants» sur l'A4 et l'A1 vers Paris, ainsi que sur l'A6 vers la province. Il indique que la préfecture de police «conseille vivement aux automobilistes de différer leurs déplacements et de privilégier les transports en commun, et notamment pour les poids-lourds de contourner les trois autoroutes impactées, à savoir A1, A4 et A6».

Au niveau de l'aéroport de Roissy sur l'autoroute A1, une soixantaine de poids-lourds, clignotants ou gyrophares allumés, ne laissent passer les voitures qu'au compte-gouttes, a constaté un journaliste de l'AFP.

>> La carte nationale des blocages prévus ce samedi

En province, la N19 est notamment coupée dans les deux sens à hauteur de Vesoul depuis 8H30.

Dans la région Rhône-Alpes, 15km de bouchons sont recensés sur l’A480 et la rocade sud de Grenoble, tandis qu'un rassemblement de quelque 80 poids-lourds a provoqué la fermeture de l'accès à l’A6 est à Châlon sud.

A Toulouse, des opérations escargot sont menées sur les rocades intérieure et extérieure, qui laissent la file de droite libre. Sur l'un des camions, une banderole proclame: «Ecotaxe=Racket+Faillite+Chômage».

Trois barrages ont été installés en Lorraine, dont un à Phalsbourg où la gendarmerie a indiqué qu'une centaine de camions étrangers étaient immobilisés par les manifestants.

«Nous sommes loin d'avoir obtenu gain de cause, c'est la quatrième fois qu'on nous annonce un report avec comme argument qu'on va mieux nous expliquer», a déploré Christian Dupuy, porte-parole alsacien de l'OTRE. «Mais notre position est claire: les transporteurs français payent déjà une taxe depuis 1965, la taxe à l'essieu, qui sert à l'entretien des routes, donc il est hors de question que l'on paie deux fois. Ils n'ont qu'à la rebaptiser écotaxe s'ils veulent».

«Trouver une autre recette»

A Nantes, une trentaine de camions garés à l'entrée de la ville ralentissent la circulation sans la bloquer, et les manifestants installés sur le pont routier de Morlaix doivent ensuite se rendre à Carhaix (Finistère) au rassemblement des Bonnets rouges.

«L'avantage, si je puis dire, avec les routiers, c'est qu'il n'y a pas besoin de beaucoup de monde pour mettre le bazar, et forcément cela a de l'impact», a déclaré samedi matin le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon .

«Je ne vais pas dire aujourd'hui que l'écotaxe c'est fini, alors que c'est suspendu et transféré à une mission parlementaire. La suspension de l'écotaxe, c'était environ 900 millions d'euros en moins pour des travaux d'infrastructures. Si on ne prélève pas avec l'écotaxe, il faut trouver une autre recette», a-t-il souligné.

Les autres fédérations du secteur routier n'appellent pas leurs adhérents à manifester, certaines acceptant le principe de l'écotaxe tant qu'elle est compensée par une majoration forfaitaire de leurs prix. Votée par l'Assemblée nationale, cette disposition doit leur permettre de répercuter l'écotaxe sur leurs clients.

Le calendrier de la mise en place de l'écotaxe «n'est pas arrêté», a rappelé Matignon vendredi.

La taxe, applicable sur les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur 15.000 km du réseau routier hors autoroutes, devait, avant sa suspension cet automne, entrer en vigueur début 2014 après plusieurs reports.

L'abandonner serait lourd de conséquences pour l'État. En vertu du contrat signé avec Ecomouv' dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP), il devra payer près d'un milliard d'euros à l'entreprise en remboursement des investissements réalisés.