Les pistes de la sécurité routière pour baisser la mortalité sur les routes

William Molinié

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Illustration d'une borne kilométrique de la route nationale 7, le 31 juillet 2005.
Illustration d'une borne kilométrique de la route nationale 7, le 31 juillet 2005. — FAYOLLE/SIPA

Remontées de files pour les motos, éthylotests anti-démarrage, mesures pour le permis de conduire, limitation des vitesses… Le conseil national de la sécurité routière (CNSR) s’est réuni ce vendredi en assemblée plénière pour recommander une série de mesures visant à réduire le nombre de morts sur la route. Ces propositions votées par le CNSR seront remises au ministre de l’Intérieur qui décidera, au cours d’un comité interministériel de la sécurité routière, des suites à donner.

La circulation inter-files pour les deux-roues

Les membres du CNSR se sont prononcés en faveur d’une expérimentation qui autoriserait la remontée des files de voiture par les deux roues. L’expérience, si elle était retenue, durerait deux ans et concernerait des portions d’autoroutes volontaires, dont le périphérique parisien. Les motos devront rouler à une vitesse inférieure à 50km/h entre deux files de voitures à l’arrêt ou à vitesse réduite. Cette pratique, tolérée par les forces de l’ordre, a déjà cours dans les embouteillages. Le texte viserait donc à la légaliser. «Le CNSR n’est pas là pour prendre des mesures de confort, mais de sécurité», a nuancé Chantal Perrichon, la porte-parole de la Ligue contre la violence routière.

Les éthylotests anti-démarrage

Le CNSR s’est aussi prononcé pour l’installation d’éthylotest anti-démarrage (EAD) dans les voitures des conducteur condamnés. Le «parlement» de la sécurité routière voudrait que cela soit le cas «de manière systématique». Une loi de 2011 prévoyait pourtant les EAD comme peines complémentaires. «Certains tribunaux nous ont dit avoir eu envie d’appliquer cette peine, mais ne pas avoir pu le faire faute d’installateur agréé sur la zone», a justifié le docteur Philippe Lauwick.

Les boîtes noires

Les enregistreurs de données routières, ou «boîtes noires», vont-elles faire leur apparition dans les voitures? Le CNSR recommande que l’Europe s’y penche. Les données enregistrées «30 secondes avant le choc et jusqu’à 15 secondes après» pourraient permettre «d’analyser les mécanismes d’accidents de la route» et servir à l’enquête judiciaire.

Une «Journée des victimes de la route»

Elle serait le 22 février. Elle devra prendre en compte les «conséquences de l’accident pour les victimes directes survivantes […] et pour les victimes indirectes (familles, proches), dont les séquelles psychologiques et sociales sont parfois lourdes et qui assistent et accompagnent leurs proches au long cours au détriment de leur projet de vie.

Pas de limitation de vitesse, pour l’instant

Les membres n’ont pas voté une recommandation visant à abaisser de 90 à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires. Selon Le Figaro, le gouvernement ne se prononcera d’ailleurs pas sur cette mesure impopulaire avant les municipales de 2014. Un comité d’experts a seulement présenté ce vendredi devant le CNSR une «stratégie pour diviser par deux le nombre des personnes tuées ou blessées gravement d’ici 2020. Un objectif souhaité par Manuel Valls.

Ils préconisent de réduire à 80km/h la vitesse sur les routes à deux sens de circulation, renforcer les contrôles d’alcoolémie, abattre les arbres dangereux et retirer les obstacles le long des routes, tels que les fossés, les poteaux  ou certains bâtiments. Grâce à ces trois mesures (vitesse, alcool, obstacles) permettrait de sauver, selon les experts de 560 à 750 vies chaque année.