Evasion à Nantes: L'escorte sous dimensionnée à cause d'une «erreur de saisie» selon un syndicat

FAITS DIVERS Le niveau d'escorte devait être fixé à 3, il l'a été à 2, un niveau qui «n'oblige en aucun cas l'accompagnement par les forces de l'ordre»...

avec AFP

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Présence policière au CHU de Nantes, le 27 novembre 2013.
Présence policière au CHU de Nantes, le 27 novembre 2013. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

L'escorte chargée de surveiller le détenu qui s'est évadé mercredi à Nantes en blessant trois surveillants lors d'un transfert médical n'incluait pas de renfort policier, alors que cela aurait dû être le cas, en raison d'une «erreur de saisie», a affirmé le délégué régional de l'Ufap-Unsa Yann Hervé mercredi soir.

«Ce n'est certainement pas une erreur informatique dans le sens bug ou autre: une saisie a été mal restranscrite», a-t-il déclaré à une correspondante de l'AFP, après avoir cherché à comprendre ce qui avait pu se passer car ce détenu au lourd passé, condamné pour une tentative d'assassinat et sous le coup d'une enquête pour une autre tentative contre un codétenu, n'était accompagné mercredi matin que par trois surveillants sans le soutien de forces de police.

«Une erreur de saisie et la vie d'un agent peut être foutue en l'air»

«Par les recherches que j'ai effectuées, j'ai vu de mes yeux et ça m'a quelque peu refroidi parce que je me dis qu'en fait, une erreur de saisie et ça peut être la vie d'un agent qui peut être foutue en l'air», a-t-il ajouté. «Ce détenu est arrivé dans nos murs le 24 juin: comme tout détenu, il fait l'objet une commission d'affectation qui permet de (...) mettre une annotation sur son comportement et sur son niveau d'escorte», a expliqué Yann Hervé.

«Il s'est avéré que le niveau d'escorte était décidé de niveau 3, qui correspond au niveau minimal pour un accompagnement par les forces de l'ordre en plus de l'escorte pénitentiaire», a-t-il relaté. Mais «lors de son affectation par la suite en bâtiment il est fait état, sans aucune raison apparente, d'un niveau d'escorte 2 qui là, du coup, n'oblige en aucun cas l'accompagnement par les forces de l'ordre», a-t-il poursuivi. «Ce manquement est intolérable parce qu'il a mis en danger des personnels pénitentiaires», a-t-il martelé. «Même s'il faut taper sur les doigts d'un fautif, (il faut) qu'on trouve un responsable parce que c'est inadmissible», a-t-il ajouté.

L'Ufap ainsi que la CGT et FO ont appelé jeudi matin à 6h les personnels à bloquer l'accès à la maison d'arrêt en signe de solidarité avec leurs collègues blessés. Les syndicats demanderont une «révision totale des niveaux d'escortes établis pour chaque détenu du Centre Pénitentiaire Nantes» ainsi que le «maintien des fouilles intégrales systématiques», selon un communiqué commun.