L'Ile-de-France dégaine une nouvelle arme de communication

COMMUNICATION La région parisienne se dote d'un slogan pour attirer touristes et investissements internationaux...

avec AFP

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On connaissait "I love New York" ou encore "Berlin is poor but sexy". Voilà la région parisienne dotée à son tour d'un slogan pour attirer touristes et investissements internationaux: "Paris Region, source of inspiration".
On connaissait "I love New York" ou encore "Berlin is poor but sexy". Voilà la région parisienne dotée à son tour d'un slogan pour attirer touristes et investissements internationaux: "Paris Region, source of inspiration". — Lionel Bonaventure AFP

On connaissait «I love New York» ou encore «Berlin is poor but sexy». Voilà la région parisienne dotée à son tour d'un slogan pour attirer touristes et investissements internationaux: «Paris Region, source of inspiration». L'Ile-de-France a dégainé ce mercredi cette arme de communication massive, une marque porte-flamme au logo coloré qui suggère en fond une Tour Eiffel, avec un slogan aux accents poétiques.

Objectif: «construire une image sur le plan économique» en s'appuyant sur le tourisme et sur l'esprit «dynamique» de la région pour séduire à l'international. Car aujourd'hui, l'Ile-de-France souffrirait d'un déficit d'image, d'après des études.

La région parisienne est une destination phare mais «comparée à Rome jugée plus romantique, Londres plus +trendy+, Berlin plus +underground+, Paris c'est un peu le Poulidor qui à la fin gagnerait le Tour de France», explique Jean-Pierre Blat, directeur général du Comité régional du tourisme (CRT).

De l'utilité d'un logo

Par ailleurs, l'Ile-de-France est certes le premier pôle économique d'Europe, avec plus de 600 milliards d'euros de produit intérieur brut. C'est aussi le premier pôle européen d'implantation des grandes entreprises internationales et le numéro 1 en Europe pour la recherche et l'innovation, avec ses 100.000 chercheurs.

Mais qui le sait à l'international ? «Peu d'investisseurs étrangers ont pris conscience de la puissance économique de l'Ile-de-France», déplore Sabine Enjalbert, directrice générale de l'Agence régionale de développement (ARD) Paris-Ile-de-France.

Aussi les acteurs économiques publics et privés de la région sont-ils invités à arborer la nouvelle bannière. Ils le feront au salon GSMA de la téléphonie mobile à Barcelone en février, assure-t-on, et les discussions vont bon train avec des opérateurs Disneyland Paris, les Bateaux Parisiens, la Tour Eiffel, le groupe hôtelier Accor, etc.

Pour autant, un logo suffit-il à changer l'image d'une région ? «Non, le logo ne va pas tout changer, mais la marque Paris Region va permettre d'identifier à l'international l'Ile-de-France. Nous passons véritablement un cap», argue M. Blat.

Coût de ce type de communication

Selon lui, «les professionnels du tourisme ne vont pas hésiter un seul instant» à l'endosser. «C'est dans leur intérêt. Il n'y a guère que Disneyland qui constitue une destination en soi», dit-il. Première destination touristique privée en Europe, le royaume de Mickey à Marne-la-Vallée a attiré 15 millions de visiteurs en 2013 (période de l'exercice fiscal).

«Vue du Japon, la destination Paris c'est aussi Versailles, les Châteaux de la Loire et le Mont-Saint-Michel. Il fallait se réapproprier la marque Paris qui sert de locomotive et fait rêver le monde entier mais aussi élargir l'offre qui, centrée sur Paris, atteint un niveau de saturation», ajoute M. Blat. Désormais, on pourra même «intégrer Auvers-sur-Oise», la petite ville du nord de l'Ile-de-France associée au peintre Van Gogh, dit-il.

Dans la même veine, la Bretagne et la région de Lyon ont déjà des marques de territoire, et on vend certes résolument mieux la région Aquitaine en parlant de Bordeaux et la Côte d'Azur en brandissant Cannes et Saint-Tropez.

Le Canard Enchaîné a dénoncé en juillet un plan de communication à 400.000 euros. Le Conseil régional avait répondu que «le coût du logo Paris Region n'est pas de 400.000 euros mais de 71.000 euros TTC» et assuré que la région dépense bien moins que d'autres en communication.