Six mois de prison avec sursis pour trois prévenus après l'agression d'un bar gay à Lille

JUSTICE Le caractère homophobe de cette attaque n'a pas été retenu...

A Lille, Gilles Durand

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Le Vice & Versa, un bar gay à Lille, a été saccagé dans la soirée du 17 avril 2013.
Le Vice & Versa, un bar gay à Lille, a été saccagé dans la soirée du 17 avril 2013. — M. LIBERT / 20 MINUTES

Relaxés pour le motif d’injures publiques à caractère homophobe. Les trois individus qui avaient agressé, le soir du 17 avril, les deux gérants et un serveur d’un bar gay du Vieux Lille, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis, mais simplement pour violence en réunion et dégradation.

Lors de l’audition, en septembre, le parquet avait requis douze mois d'emprisonnement, dont six avec sursis. «Nous attendons la motivation exacte du jugement pour décider de faire appel ou non», précise le procureur adjoint de Lille. La décision devrait être prise dans les jours à venir.

«Cette affaire les a traumatisés»

«Cette décision confirme ce que l’on dit depuis le début de cette affaire, à savoir que le caractère homophobe de l’agression n’est pas prouvé», souligne Me maxime Moulin, avocat d’un des prévenus. «Il s’agit d’un dossier de violence volontaire classique comme on en voit tous les week-ends, rue Massena, avec des bagarres à la sortie des bars», insiste Me Guillaume Ghestem, avocat, lui aussi, de la défense.

Du côté des victimes, la déception n’est pas totale, mais «il n’est pas totalement exclus qu’ils fassent appel de cette décision», annonce leur avocat, Me Aurélien Blat. «Ce qui les déçoit, c’est la relaxe pour injures homophobes qui est dû à une erreur de procédure», explique-t-il. Depuis cette mésaventure, les deux gérants ont vendu leur commerce. «Cette affaire les a traumatisés», note Me Aurélien Blat. De leur côté, les trois auteurs de violence ont perdu leur emploi. «Leur vie de famille a été chamboulée», dénonce Me Maxime Moulin.

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L'un des prévenus déjà condamné pour violence en réunion

Un des accusés est d’ailleurs un habitué de ce genre de dossier. Il a déjà été condamné, en septembre, à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Lille, pour le même motif de violence en réunion. «J’ai eu une fracture du nez et subi une incapacité totale de travail de trois semaines après avoir été agressé sans raison dans la rue», témoigne sa victime. L’accusé ayant fait appel, la condamnation n’est pas encore effective. Il aura aussi l’occasion de s’expliquer à nouveau devant les juges en janvier pour une troisième affaire de violence à la sortie d’un bar.