Marseille: Manifestation de prostituées contre «la répression»

SOCIETE Une quarantaine de personnes ont manifesté ce mercredi à Marseille...

avec AFP

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Manifestation de prostituées et de membres d'associations pour dénoncer  le projet de loi de pénalisation des clients, le 27 novembre 2013 à  Marseille.
Manifestation de prostituées et de membres d'associations pour dénoncer le projet de loi de pénalisation des clients, le 27 novembre 2013 à Marseille. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Une quarantaine de personnes ont manifesté mercredi à Marseille contre «la répression de prostitution», prévue par la proposition de loi PS qui doit être examinée vendredi à l'Assemblée nationale, a constaté une journaliste de l'AFP.

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Sous une banderole «prostitution, halte à la répression», les manifestants, membres d'associations et prostituées dont certaines avaient le visage dissimulé par des masques, ont protesté notamment «contre la pénalisation des clients qui aura des effets néfastes pour leurs droits et leurs santé».

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«Sex is work», «Touche pas à mon client», «Tapin, c'est notre pain» ou encore «On veut des putains de droits», pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.

«Je ne suis victime d'aucun réseau»

Nos clients «ne font rien de mal», juge Mira, une Roumaine au visage dissimulé, mère de deux enfants, qui se prostitue depuis 12 ans parce qu'elle n'a «pas eu le choix».

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Mais «je ne suis victime d'aucun réseau. C'est notre travail, c'est notre pain», dit-elle. Katia, blonde la quarantaine, prostituée depuis 20 ans précise elle aussi que «ça n'a pas été par choix».

Mais «on ne peut pas interdire la prostitution», ajoute-elle expliquant que cela répond aussi «à une détresse sexuelle» pour de nombreux hommes» dont «les personnes âgées, les obèses, les handicapés». «On est aussi là pour leur apporter de la chaleur humaine», dit-elle.

«Stage de sensibilisation à la lutte contre l'achat d'actes sexuels»

Jean-Régis Ploton, directeur de «Autre Regard», une «association de santé communautaire», estime que le texte va obliger les prostituées «à travailler de manière plus cachée et qu'elles auront moins accès à la santé». «Ca va les précariser encore plus», selon lui.

La proposition de loi, qui fait débat au sein de la classe politique, propose notamment de punir l'achat d'actes sexuels d'une amende de 1.500 euros, doublée en cas de récidive.

Alternative à l'amende ou sanction complémentaire, un «stage de sensibilisation à la lutte contre l'achat d'actes sexuels» est prévu. Le texte prévoit également des mesures d'accompagnement social et professionnel pour celles qui veulent quitter la prostitution.