La SNCF veut attirer plus de femmes pour lutter contre les stéréotypes

SOCIETE La SNCF tente de séduire davantage de femmes...

avec AFP

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Parmi les postes à pourvoir à la SNCF, des agents de médiation, d’entretien et d’accueil des touristes dans les grandes gares. 
Parmi les postes à pourvoir à la SNCF, des agents de médiation, d’entretien et d’accueil des touristes dans les grandes gares.  — DURAND FLORENCE/SIPA

Où sont les femmes à la SNCF? Rarement aux commandes d'un train. Mais la SNCF tente de réduire le déséquilibre homme/femme avec une opération découverte des métiers.

2% de femmes sur les métiers techniques au niveau Transilien

«Sur une région comme la nôtre, on a 21% de femmes concentrées sur des métiers d'accueil, de ressources humaines et de vente. Pour les métiers techniques ferroviaires, on a 6% à Paris Nord contre 2% au niveau Transilien», détaille Jérôme Leborgne, directeur régional SNCF Paris Nord. Le réseau francilien compte «3.000 conducteurs (qui) assurent des missions, dont 71 femmes, soit 2,3 % seulement», précise un porte-parole de SNCF Transilien. Le réseau national compte «5% de femmes conductrices, 7% de femmes qui travaillent sur les chantiers et 15% sur le frêt», et elles représentent «21% des effectifs du groupe SNCF» tous métiers confondus.

Une Girls Day

Ces chiffres sont en-deçà des ambitions affichées par l'entreprise ferroviaire qui organisait mardi la deuxième édition de la Girls Day pour permettre justement à des jeunes filles de découvrir partout en France ses métiers les plus techniques. Ainsi, des postes d'aiguillage, des ateliers, des chantiers, des simulateurs de conduite..., se sont ouverts aux 3.000 jeunes lycéennes issues de 130 établissements scolaires.

«Je pense qu'à la base les femmes ne s'intéressent pas beaucoup à ces métiers. Mais finalement ça ne me dérangerait pas de travailler ici», glisse Sarah Naudin, une des huit élèves d'un lycée professsionnel de Montsoult (Val-d'Oise), en visite au poste d'aiguillage de la Gare du Nord qui gère «plus de 2.000 trains par jour» assurant la liaison entre la province nord et Paris.

Abattre les cloisons

En fait, l'image du cheminot a bien changé à l'heure de l'électronique. «Il y a quelques années, aguilleur c'était un métier très physique: il fallait avoir de gros bras. Aujourd'hui, l'électronique a rendu ce métier accessible à tout le monde», décrypte Jérôme Leborgne, qui déplore toutefois que «dans l'imaginaire collectif, c'est resté un métier d'hommes».

Ces métiers pâtissent aussi d«un manque de visibilité chez les jeunes et du coup restent peu attractifs. «Quand on parle de la SNCF, on parle de ventes de billets, de contrôleurs dans les trains, des conducteurs, des retards; après, le reste on ne sait pas», souligne Karine Deraedt, chef de ce centre de 50 personnes dont 5 femmes.

L'opération séduction, toutefois, ne lève pas toutes les réserves. «Je ne connaissais pas du tout les aiguillages à la base, c'est impressionnant. Ce n'est pas forcément ce que je veux faire. Je préfère faire un BTS en alternance, à la SNCF certes mais pas dans ça, c'est trop technique pour moi», tranche Dolorès Nyboma, en classe de Terminale commerciale.

Et la SNCF veut continuer à abattre les cloisons. «Il n'y a plus de métiers d'hommes. On veut avoir des femmes sur ces métiers. La mixité est un objectif important pour nous», insiste Jérôme Leborgne.