VIDEO. L'un des plus importants campements de Roms évacué à Saint-Ouen

SECURITE Près de 800 personnes vivent sur ce terrain de Seine-Saint-Denis...

J. C. et O.G. (avec AFP)

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 Un campement rom  sur lequel vivaient quelque 800 personnes, considéré comme l'un des plus  importants de France, était en cours d'évacuation mercredi 27 novembre à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).
Un campement rom sur lequel vivaient quelque 800 personnes, considéré comme l'un des plus importants de France, était en cours d'évacuation mercredi 27 novembre à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). — V. Wartner / 20 Minutes

Un campement rom sur lequel vivaient quelque 800 personnes, considéré comme l'un des plus importants de France, est en cours d'évacuation ce mercredi matin à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), a-t-on appris auprès de la préfecture. «Les opérations d'évacuation ont commencé ce matin vers 8h», a précisé la préfecture. Le campement est situé sur des terrains en friche jouxtant l'une des centrales de chauffage urbain de Paris, dans la zone industrielle des Docks de Saint-Ouen. 

Risque de «grave accident»

Depuis le 12 novembre, le sort de ce camp était en suspens après les demandes répétées de la mairie, de la SNCF et Réseau ferré de France qui avaient demandé son évacuation «rapide». Ce campement de fortune, qui avait fortement grossi depuis le juillet et l'arrivée de caravanes à la suite d'expulsions effectuées à Saint-Denis, Deuil-la-Barre ou Noisy-le-Grand, représentait en effet pour les autorités locales un gros problème.

Située à une centaine de mètres des voies ferrées, cette installation faisait craindre au maire de Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon (FG), «un grave accident» car des enfants jouaient régulièrement à côté des rails.

Le chauffage parisien menacé

Une situation problématique aussi pour la centrale de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), située sur la commune de Saint-Ouen, habituellement alimentées en charbon par les voies ferrovières et qui devait depuis faire appel à des camions. La CPCU avait d'ailleurs alerté les autorités concernant le risque que faisait peser ce camp sur le chauffage d'une partie de Paris.

«S'il y a un pic de froid à partir de la mi-décembre, la Compagnie de chauffage ne pourra pas faire face», avait expliqué d'ailleurs au Figaro Jean Tilloy, attaché de presse de la mairie de Saint-Ouen. Cette chauffagerie alimente en effet tous les hôpitaux publics de la capitale ainsi qu'une grande partie des crèches et 110.000 foyers parisiens.

Dans un communiqué, l'association La Voix des Rroms s'est ému de cette opération : «Ce matin rue des Docks, à Saint-Ouen, une opération administrative et policière, d’une très grande brutalité, tant sur le plan juridique, que sur le plan des opérations de police, a abîmé encore un peu plus la vie de près de 800 hommes, femmes et enfants. Ceux-ci s’étaient rassemblés sur ce site par vagues successives issues de précédentes expulsions dans le département du 93». L'association reproche aux autorités ses mensonges: «sans même attendre le rendu de la décision, alors que Préfet, Propriétaire et Maire assuraient aux habitants qu’ils étaient en sécurité jusqu’au 12 Décembre, une seconde procédure rapide a été lancée par une coalition rassemblant propriétaire, Préfecture et Ville de Saint-Ouen, en prenant soin de ne pas en informer les premiers intéressés, afin qu’ils ne puissent plus se défendre».