Ils veulent faire grimper la qualité de maintenance des ascenseurs

Mathieu Gruel

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Illustration d'une réparation d'ascenseurs
Illustration d'une réparation d'ascenseurs — LECARPENTIER/SIPA

Ils aimeraient un renvoi d'ascenseur. Ce mardi, l'association Exigence ascenseurs (AEA), créée en octobre et composée de 19 bailleurs sociaux d'Île-de-France et d'associations d'usagers et de locataires, est montée au créneau. Leur objectif? Améliorer la maintenance de leur parc d'ascenseur.

Car depuis 2010, «nous avons beaucoup investi», a expliqué Jean-Luc Vidon, le président de l'association. Quelque 20.000 euros ont été dépensés par appareil, soit 7 milliards d'euros pour moderniser un parc de 15.000 ascenseurs, répartis dans les 560.000 logements d'Ile-de-France gérés par ces bailleurs sociaux. Sauf qu'«il n'y a eu aucun sentiment d'amélioration de la part de nos clients», note Jean-Luc Vidon.

Premiers référencements en 2014

C'est donc pour y remédier, mais également «avec l'idée de jouer le rapport de force avec les professionnels du secteur», que l'association a été créée, a expliqué Jean-Yves Mano, chargé du logement à la Mairie de Paris.

La municipalité avait d'ailleurs engagé, en 2010, une mission d'information et d'évaluation (MIE) sur ce thème, dont «c'est l'aboutissement», a rappelé le conseiller de Paris PCF Ian Brossat, présent ce mardi et qui faisait partie de cette MIE.

Et après plus de deux ans «de travail et d'échanges très riches», a indiqué le président de l’association, l'AEA a pu établir un référentiel basé sur cinq axes (sécurité, information des usagers, prévention et formation, entretien des appareils et dépannages). Elle souhaite désormais s’appuyer sur celui-ci et «accélérer», en visant «les premiers référencements pour 2014», a indiqué le président de l'association.

Attention particulière pour les PME

Ainsi, les «grosses structures comme les plus petites» qui souhaiteront bénéficier de ce référentiel pourront adresser une demande de candidature. Et même si l'AEA indique que «la situation des PME du secteur a fait l'objet d'une attention particulière», Jean-Luc Detavernier, délégué général de la Fédération des ascenseurs, s'inquiète «du coût pour les entreprises».

Car pour obtenir le référentiel, l'entreprise devra au préalable être certifiée MASE (Manuel d'Amélioration de la Sécurité des Entreprises), ce qui lui coûtera «quelques milliers d'euros», précise-t-on à l'AEA. Elle devra également payer un audit, «pour environ 5.000 euros», dont les résultats seront ensuite présentés au comité référencement d'AEA. En cas de référencement de l'entreprise, des audits inopinés seront ensuite réalisés, mais payés par l'association.

«Logique absurde»

Et tout «cela doit représenter un coût considérable, alors que beaucoup d'entreprises sont déjà fragilisées», regrette Jean-Luc Detavernier qui, s'il reconnaît certains côtés intéressants dans la démarche, estime que «les ascensoristes n'ont pas été écoutés dans ce dossier».

Ce qui n’est pas le sentiment des usagers. Deux associations, la Confédération Nationale du Logement (CNL)  et le Syndicat du Logement et de la Consommation (SLC-CSF), ont d’ailleurs salué la volonté de l’association d’«associer pleinement les usagers», même si eux aussi ont indiqué rester vigilants quant «au risque de coût supplémentaire» pour les locataires.

Le délégué général des ascensoristes, qui n’était pas présent ce mardi, a quant à lui parlé «d’une logique absurde», estimant que seuls les gros opérateurs pourraient bénéficier de ce projet. Ce que l’on semble écarter du côté de l'AEA. «Nous sommes convaincus qu'un certain nombre de professionnels vont se mobiliser en constatant leur intérêt», détaille Jean-Luc Vidon. «Notamment en termes d'image».