Viols collectifs de Fontenay-sous-Bois: Le procès en appel s'est ouvert, sans Aurélie

William Molinié

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Les accusés de l'affaire des viols collectifs de Fontenay-sous-Bois arrivent au tribunal d'Evry, le 26 novembre 2013.
Les accusés de l'affaire des viols collectifs de Fontenay-sous-Bois arrivent au tribunal d'Evry, le 26 novembre 2013. — BERTRAND GUAY/AFP

Pendant le tirage au sort des jurés, Nina a adressé quelques regards, le visage fermé, en direction des accusés. Ce mardi matin, à l'ouverture du procès en appel de l'affaire dite des «tournantes de Fontenay», il manquait Aurélie. Il y a un an, en première instance à Créteil (Val-de-Marne), cette dernière était à ses côtés sur les bancs des parties civiles pour des viols en réunion, commis à répétition, dans des cités de Fontenay-sous-Bois, entre 1999 et 2001.

La veille, Aurélie avait envoyé un fax à la cour d’assises des mineurs de l’Essonne, prévenant qu’elle ne se présenterait pas aux audiences d'Evry et que par conséquent, elle se désistait de sa constitution de partie civile. Une absence jugée «regrettable» par les avocats de la défense. Sur les huit accusés renvoyés en appel par le parquet, quatre étaient poursuivis pour des viols collectifs sur Aurélie. Ces derniers avaient été acquittés et mis hors de cause en première instance. Les quatre autres étaient reconnus coupables de ces mêmes faits uniquement sur Nina mais les peines prononcées à leur encontre était plus faibles que celles requises par le ministère public.

Huis clos prononcé

Ce mardi matin, les avocats de la défense ont réclamé la levée de la publicité restreinte des débats, les accusés étant mineurs au moment des faits mais majeurs aujourd’hui. Ils ont insisté sur le fait que leurs clients «n’avaient rien à cacher» et qu’ils souhaitaient que leur «parole [soit] entendue», faisant référence au premier procès, qualifié de «naufrage judiciaire» par des associations féministes et de droit des victimes. «Il y a un fossé insupportable entre ce que nous avons vécu à l’audience et ce qu’on a dit médiatiquement de cette affaire», a dénoncé l’un d’entre eux. Pour eux, la bronca soulevée à l'issue des condamnations, jugées trop «clémentes» par les associations, n'était pas justifiée.

La cour, après que l’avocat général s’est prononcé favorablement, a levé cette publicité restreinte réclamée par la défense pour faire entendre la voix des accusés. Mais l’avocate de la partie civile a immédiatement opposé le huis clos, en raison de la «fragilité» de Nina. En France, cette protection de la victime, mineure au moment des faits, est de droit, selon l’article 306 du code de procédure pénale. Le président de la cour, Hervé Stéphan, a donc ordonné le huis clos et fait sortir toutes les personnes présentes dans la salle étrangères au procès.

Les débats resteront donc dans l'enceinte de la cour d'assises. Comme en première instance...