L'ex-otage Francis Collomp accueilli en héros à La Réunion

avec AFP

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"Vous êtes un héros!" : de retour lundi dans son île de La Réunion, l'ex-otage Francis Collomp a goûté l'accueil que lui ont réservé les Réunionnais à l'aéroport, dans sa commune du Port et jusque dans son bar où il avait ses habitudes.
"Vous êtes un héros!" : de retour lundi dans son île de La Réunion, l'ex-otage Francis Collomp a goûté l'accueil que lui ont réservé les Réunionnais à l'aéroport, dans sa commune du Port et jusque dans son bar où il avait ses habitudes. — AFP

«Vous êtes un héros!» : de retour lundi dans son île de La Réunion, l'ex-otage Francis Collomp a goûté l'accueil que lui ont réservé les Réunionnais à l'aéroport, dans sa commune du Port et jusque dans son bar où il avait ses habitudes.

A l'aéroport Roland-Garros, ils sont une cinquantaine, membres de son comité de soutien et de sa famille. C'est au son du maloya, la traditionnelle musique locale, que l'ex-otage du Nigeria foule le tarmac.

«Je suis très content d’être arrivé chez moi», dit-il sobrement. «Après 11 mois de galère, on va reprendre goût à la vie», confie à l'AFP Mickaël Breda, 43 ans, neveu de son épouse réunionnaise Anne-Marie. Il tient une banderole sur laquelle est écrit: «Francis, bon retour et bravo pour ton courage».

Il continuera à travailler et voyager

Accompagné du n°2 de la préfecture Xavier Brunetière, en l'absence du préfet du département, Francis Collomp sort souriant de l'aérogare, levant les bras en direction de ses partisans. «C'est très émouvant d'être ici. Les Réunionnais sont pauvres mais ils sont très chaleureux», dit l'ex-otage, marié à une Réunionnaise depuis 34 ans et installé sur l’île depuis 7 ans.

D'emblée, il prévient qu'il n'a pas l'intention de prendre sa retraite et qu'il continuera à travailler et à voyager. «Je suis un baroudeur», ajoute-t-il en rappelant avoir visité ou travaillé dans 26 pays.

Après un bain de foule, Francis Collomp prend la direction de la ville du Port où il réside, à une vingtaine de kilomètres de Saint-Denis dans une voiture mise à sa disposition par la préfecture.

«Je leur ai montré sur une carte où se trouve La Réunion»

A la mairie du Port où plus d'une centaine de personnes l'attendent malgré une pluie battante, Francis Collomp décroche son portrait ornant le fronton de l'hôtel de ville, au côté du maire communiste Jean-Yves Langenier, sous les applaudissements.

« Vous êtes un héros!», lui lance le maire. Dans la salle du conseil municipal, Jean-Yves Langenier compare les risques pris par Francis Collomp lors de son évasion au courage des Réunionnais qui ont libéré la ville du Port, en novembre 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale. «C'est dans ces moments-là qu'on reconnaît les grands hommes».

«Je ne suis pas un héros. Le seul moment où j'ai eu du courage, c'est le jour de mon évasion», lui répond l'ex-otage. Devant l'assistance, il raconte de nouveau les conditions de sa détention, les «pâtes mélangées à du riz» qu'il a mangées pour la première fois, les «deux cuillères de viande une fois par mois» ou encore ses conversations avec geôliers. «Je leur ai montré sur une carte où se trouve La Réunion et j'ai cité en exemple l'harmonie qui règne entre les communautés, chrétiens, musulmans, hindouistes, etc.».