Soins dentaires: Les «dérives tarifaires» dénoncées par 60 millions de consommateurs

SANTE Ils font souvent l'objet de «pratiques tarifaires excessives», selon une étude...

M.P. avec AFP

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Un patient chez le dentiste en 2010.
Un patient chez le dentiste en 2010. — M.GILE / SIPA

Les soins dentaires coûtent cher: peu remboursés par l'assurance maladie, ils font souvent l'objet de «pratiques tarifaires excessives» voire de «dérives inacceptables», ce qui peut conduire à renoncer aux soins, souligne lundi une étude publiée par 60 millions de consommateurs.

Le document souligne que le reste à charge constitue la «principale raison de renoncement aux soins auquel déclare être confronté près du tiers des consommateurs».

Cette étude, au sommaire du numéro de décembre de 60 millions de consommateurs, a été réalisée à partir des données enregistrées par la Sécurité sociale par l'Observatoire citoyen des restes à charge en santé, créé début 2013 par 60 millions de consommateurs, le CISS (collectif de patients) et Santéclair, filiale de plusieurs complémentaires santé.

Trop de reste à charge

Principaux soins incriminés: les prothèses, comme les couronnes, bridge, inlay ou reconstitutions, qui en 2012 ont représenté 5 milliards d'euros de dépenses, dont un milliard seulement est remboursé par l'assurance maladie.

La somme qui reste à la charge du patient après remboursement par la Sécu s'élève à plus de 290 euros en moyenne par acte de prothèse, avec des variations en fonction des départements: elle ne descend «quasiment jamais» en dessous de 200 euros et grimpe jusqu'à plus de 400 euros à Paris. Ce reste à charge peut être remboursé par les complémentaires mais «il est très difficile d'avoir une estimation précise de leur niveau de prise en charge global», souligne l'Observatoire.

Selon l'étude, les sommes demandées pour une couronne céramo-métallique dépassent 600 euros, alors que la prise en charge de l'assurance maladie n'est que de 75,25 euros, soit 70% de la base de remboursement. Pour la pose d'un implant, peu prise en charge par l'assurance maladie, le coût moyen est supérieur à 2.000 euros.

Peu de dépassements sur les soins courants

Plus grave, il existe dans certains cas des solutions moins onéreuses pourtant peu pratiquées par les dentistes. Cette «dérive préoccupante» concerne notamment les inlay-core, des reconstitutions partielles de dents apposées sous couronne. Pour ce dispositif, élaboré par des prothésistes dentares, le praticien fixe librement ses honoraires, qui varient entre 150 à 300 euros (la Sécu rembourse 70% de 122,55 euros).

Pourtant une alternative, la reconstitution "au fauteuil", présente l'avantage d'être moins chère car elle est fabriquée par le dentiste lui-même à un prix fixé par la Sécurité sociale: 79,53 euros, soit un reste à charge de 24 euros pour l'usager.

Syndicats et assurance maladie reconnaissent que les deux techniques se valent en termes de qualité des soins, mais les reconstitutions à tarifs libres se développent: «la situation a même empiré et on assiste à une réelle généralisation des inlay-core», souligne 60 millions de consommateurs.

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