Tireur de «Libération»: Abdelhakim Dekhar confondu par son ADN

FAITS DIVERS L'homme condamné en 1998 pour son rôle dans l'affaire Rey/Maupin se trouve dans un état de «semi-inconscience» après une possible tentative de suicide...

avec AFP

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Abdelhakim Dekhar.
Abdelhakim Dekhar. — CAPTURE D'ECRAN YOUTUBE

Dernière minute (1h40): Les analyses ADN confirment qu'Abdelhakim Dekhar est bien le tireur présumé de Libération, a annoncé Vanuel Valls.

L'homme le plus recherché de France a été arrêté, mercredi en fin d'après-midi. Il s'agit d'Abdelhakim Dekhar, condamné dans l'affaire Florence Rey en 1998, et les résultats ADN ont confirmé qu'il est bien le tireur présumé de Libération et de la Défense. Rendant hommage aux enquêteurs et aux policiers, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, l'a confirmé lors d'un point presse à 1h40 du matin, jeudi.

Dekhar avait été reconnu coupable d'association de malfaiteurs, pour avoir acheté le fusil à pompe qui a servi à l'équipée sanglante qui avait fait cinq morts, dont trois policiers, le 4 octobre 1994 à Paris.

Interpellé dans les Hauts-de-Seine 

Présentant une «forte ressemblance physique» avec la personne recherchée, dont des images issues de la vidéosurveillance ont été diffusées, il a été trouvé par les enquêteurs dans un véhicule stationné dans un parking public situé sous un immeuble d'habitation, le long de la voie ferrée près de la gare. Vers 21h, la rue était barrée par des policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette interpellation est consécutive à un témoignage recueilli au commissariat de Courbevoie. Selon une source proche de l'enquête, c'est l'homme qui l'hébergeait qui aurait contacté la police. «Il lui aurait confié, en évoquant l'affaire du tireur, "j'ai fait une connerie"», a expliqué cette source.

L'homme interpellé n'était toutefois pas en mesure d'être entendu et a été transféré, selon des sources policières, dans un hôpital de la région parisienne dans le cadre d'une garde à vue médicalisée.

«Il a été évacué par le Samu», a déclaré le maire de Bois-Colombes, Yves Révillon, à quelques journalistes devant le parking.

Une tentative de suicide?

Selon plusieurs sources proches de l'enquête, l'homme se trouvait dans un état de «semi-inconscience, sans doute suite à la prise de médicaments qui peut laisser penser à une tentative de suicide».

Cette interpellation est consécutive à un témoignage, recueilli au commissariat de Courbevoie. Selon plusieurs sources proches de l'enquête, le suspect interpellé se trouvait dans un état de «semi-inconscience, sans doute suite à la prise de médicaments qui peut laisser penser à une tentative de suicide».

C'est la première personne placée en garde à vue depuis le début de la traque, qui n'avait donné lieu jusqu'ici, malgré un appel à temoin et la diffusion de photos du suspect, qu'à quelques contrôles sans suite. Les enquêteurs ont prélevé un échantillon ADN sur le suspect en garde à vue, qui est actuellement en cours d'analyse. Le profil génétique du tireur ayant déjà été établi, les résultats de cette analyse devraient être transmis aux policiers dans un délai d'environ quatre heures pour formellement incriminer ou innocenter ce suspect.

Dans leurs investigations, les enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne comptaient notamment sur les témoignages suscités par une photo rendue publique mardi matin, plus nette que celles diffusées la veille.

Plusieurs centaines d'appels

Le suspect au visage rond y apparaissait de face, bonnet enfoncé sur le front et bouche entrouverte. Les enquêteurs ont reçu plusieurs centaines d'appel. Ils cherchaient un homme de 35 à 45 ans, de type européen, et mesurant entre 1,70 m et 1,80 m. Cet homme a surgi lundi matin à Libération armé d'un fusil à pompe à crosse et canon sciés, de calibre 12, un calibre très courant qui peut recevoir indifféremment des munitions Brenneke (chasse au sanglier) et/ou des munitions contenant des chevrotines.

Le jeune assistant photographe qu'il a blessé au thorax et à l'abdomen, «a pu être réveillé et sevré de ventilation artificielle», selon l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Lundi, après les attaques de Libération et de la Défense, un automobiliste avait affirmé à la police qu'un «individu armé l'avait pris en otage» pendant près de 20 minutes, le contraignant à le déposer aux Champs-Élysées. Vendredi, c'est à BFMTV qu'un homme avait fait irruption dans le hall, ne tirant toutefois pas de coup de feu.