«Les avantages du Canada sont nombreux, mais ce n'est pas un eldorado», selon les internautes

TÉMOIGNAGES es internautes de «20 Minutes» expatriés au Canada, nous alertent sur les mythes du paradis d'outre-Atlantique...

C. La.

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FRILET/SIPA

«On voyait le Canada comme un pays où tout est plus facile, les désillusions n’ont pas tardé.» Thomas, 25 ans, retournera à Montréal d’ici peu, c’est promis. Pour le moment, il se refait une confiance à Paris.

Le Canada, et surtout le Québec, comptent plus de 78.000 expatriés français. Que le salon Destination Canada tente de préparer au mieux jusqu’au 21 novembre à Paris. Pays coup de cœur assurément, en partie francophone et francophile, le Canada est-il l’eldorado des Français? Les internautes de 20 Minutes cassent le mythe, pour, à l’image de Thomas, partir en connaissance de cause.

Jeune diplômé comme Thomas, ingénieur comme Eramai, pâtissier comme Johan, chef d’entreprise comme Alain, tous sont partis, principalement, pour booster leur carrière. A l’arrivée, Eramai a doublé son salaire, Alain a une maison de 280m2 et Johan est devenu le «roi des macarons» du plateau Mont-Royal.

40h par semaine pour 1.300 dollars par mois, «sans couverture sociale»

En revanche,  Eramai a troqué ses six semaines de congés payés contre 15 jours. Et frôle les 75h de travail hebdomadaires. En débarquant en PVT (Permis Vacances Travail) à Toronto, Thomas, jeune diplômé en informatique, a finalement passé 10 mois à Montréal, 40h par semaine dans une animalerie, pour 1.300 dollars par mois, «sans couverture sociale et avec un seul jour de repos par semaine». «Sans une première expérience sur place et un très bon niveau anglais, c’est compliqué de décrocher un job, non alimentaire», nous dit-il.

Partie avec lui, sa petite amie, n’a elle trouvé qu’un emploi de quelques heures par semaine, victime selon Thomas, mal à l’aise avec l’expression, d’un «racisme anti-français». Exagération? Pas seulement. Même si la plupart des internautes interrogés assurent être parfaitement intégrés, tous reconnaissent ce malaise. «En vacances chez un ami, raconte Yoann, j’ai surpris son beau-père dire de moi "oh non, j’espère qu’il se lave".» Une boutade qui pourrait être anodine si ça ne revenait pas «tout le temps». «C’est un peu lourd à la longue, se plaint-il, ces remarques sournoises, complètement stéréotypées.» 

«Le côté râleur des Français est perçu comme de l’arrogance»

«N'oubliez surtout pas que pour eux, vous êtes un Français de France», avertit Claude. Une question d’attitude avant tout, donc. «Il faut savoir rester humble et ne pas tout comparer à la France, explique Thomas, ça a tendance à les énerver.» Une relation de «Je t’aime moi non plus», ponctue-t-il, où le Français est «admiré quand il fait grève, mais chez lui. Ici, le côté râleur est perçu comme de l’arrogance», poursuit Yoann.

Tous mettent en garde, mais «acceptent». «J’ai de très bons amis ici, assure Eramai, mais ça ne s’est pas fait facilement. En France, c’est dur de passer le premier cercle d’intimité. Ici, il n’y a pas de premier cercle, les gens sont très chaleureux, mais on n’atteint jamais le second.» Thomas confirme avoir eu du mal avec des rapports parfois «superficiels», des conceptions de l’amitié «complètement différentes», estime Yoann.

Pour autant, Yoann, comme Eramai n’envisagent absolument pas de rentrer en France. Thomas, quant à lui, occupe actuellement deux emplois en France pour préparer son deuxième départ pour le Québec, avec un visa de résident permanent. Mais cette fois, «j’essaierai de garder les pieds sur terre et de partir avec un matelas d’économie». A la «lecture des commentaires», intervient un internaute, «premier écueil à éviter: venir avec la mentalité française»