Une formation aux premiers secours bientôt nécessaire pour passer le permis de conduire?

SÉCURITÉ mesure «pourrait sauver entre 300 et 400 vies» chaque année, selon le sénateur qui a déposé la proposition de loi...

Enora Ollivier

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Illustration: Un permis de conduire.
Illustration: Un permis de conduire. — JAUBERT/SIPA

En plus de savoir démarrer une voiture ou différencier les panneaux, faudra-t-il également connaître les gestes élémentaires de premiers secours pour obtenir son permis de conduire? C’est en tout cas le sens d’une proposition de loi, examinée ce mardi en première lecture au Sénat.

La mesure «pourrait sauver entre 300 et 400 vies», explique Jean-Pierre Leleux, le sénateur UMP des Alpes-Maritimes qui a déposé la proposition de loi, car elle permettrait aux «premiers témoins d’un accident» d’intervenir. «Les secours arrivent parfois une dizaine de minutes après un accident, c’est un temps qui peut être fatal», poursuit l’élu.

«Quatre heures de cours pratiques»

Il propose non pas une épreuve supplémentaire mais une attestation prouvant qu’une formation à «cinq gestes élémentaires qui sauvent» a bien été suivie. D’après le sénateur-maire de Grasse, «quatre heures de cours pratiques» suffiraient, délivrées par des associations agréées ou des moniteurs préalablement formés. Le tout pour un coût «d’environ 25 euros», estime Jean-Pierre Leleux, admettant qu’il s’agit là d’un «surplus» pour le candidat mais qui reste «marginal en comparaison du nombre de vies qui peuvent être sauvées».

La formation obligatoire aux premiers secours dans le cadre du permis existe dans plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, le Danemark, la République tchèque. En 2012, 3.645 personnes ont été tuées sur les routes en France –le chiffre le plus bas depuis 1948, année où ce type de comptabilisation a commencé.

Les «cinq gestes qui sauvent»

La formation consisterait en l’apprentissage de «cinq gestes élémentaires» dont deux dits d’alerte -prévenir les secours, baliser les lieux de l’accident pour protéger les victimes– et trois dits de survie –ventiler par bouche-à-bouche, comprimer l’hémorragie, sauvegarder un blessé inconscient en le tournant sur le côté.