Meurtre du petit Valentin: Stéphane Moitoiret est sorti du silence

JUSTICE Stéphane Moitoiret est jugé pour la mort de Valentin, 10 ans, tué de 44 coups de couteau en 2008...

A Lyon, Caroline Girardon

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Stéphane Moitoiret lors de son procès pour le meurtre du petit Valentin, le 12 novembre 2013 à Lyon.
Stéphane Moitoiret lors de son procès pour le meurtre du petit Valentin, le 12 novembre 2013 à Lyon. — BENOIT PEYRUCQ / AFP

Visage bouffi, ventre bedonnant, cheveux coupés courts et regard amorphe, Stéphane Moitoiret méconnaissable, est sorti de son mutisme mardi devant la cour d’assises du Rhône. Et ses paroles, parfois totalement incohérentes, pourraient bien faire basculer ce procès en appel.

Sur Valentin, petit garçon qu’il a poignardé de 44 coups de couteaux en juillet 2008, le marginal ne dira finalement pas un mot… ou presque. «Un jour, je discutais avec deux personnes dans une vie antérieure. C’était il y a plusieurs milliers d’années, raconte l’accusé devant un auditoire incrédule. Elles m’ont prévenu de ce qui allait m’arriver. Elles m’ont dit qu’un jour, je me retrouverais en prison et que j’aurais des problèmes avec la mort d’un petit garçon, Valentin».

Particulièrement volubile, l’accusé au léger cheveu sur la langue, enchaîne sur «les obligations divines» qu’il devait assumer chaque jour, sur les milliers de «tentateurs» envoyés pour l’en empêcher, sur les «boîtes à vœux» et sur sa rencontre avec Jean-Paul II au Vatican. Une attitude contestant singulièrement avec le début de l’audience où il a évoqué avec lucidité sa jeunesse et ses parents.

Une mascarade?

«Cela montre bien que Moitoiret est fou», assène Hubert Delarue, son avocat. «Vous avez là quelqu’un qui s’exprime et petit à petit, il délire totalement, poursuit Franck Berton, son autre défenseur. Chacun a pu voir le fou.» «On se serait cru dans une scène de la Soupe aux Choux, rétorque Gilbert Collard, avocat de la famille de la petite victime. Je ne sais pas quelle est la part de stratégie judiciaire mais il veut se faire passer pour un fou. En fonction de la personne qui l’interroge, la qualité de ses réponses n’est pas la même.» «Il endosse un costume, réagit Véronique Crémault, la maman de Valentin. On a assisté à un sacré manège mais nous ne sommes pas dupes.»