Toulouse: 600 «cavaliers en colère» défilent contre la TVA à 20%

CONTESTATION Ils protestent contre la future hausse de la TVA pour les centres équestres...

A.-L.B.

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Environ 600 cavaliers en colère ont manifesté à pied, à cheval ou à poney à la main, pour protester contre la future hausse de la TVA pour les centres équestres qui menace selon eux 6000 emplois en France, à Toulouse le 12 novembre 2013.
Environ 600 cavaliers en colère ont manifesté à pied, à cheval ou à poney à la main, pour protester contre la future hausse de la TVA pour les centres équestres qui menace selon eux 6000 emplois en France, à Toulouse le 12 novembre 2013. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Environ 600 «cavaliers en colère» ont manifesté ce mardi à Toulouse, à pied, à cheval ou un poney à la main, pour protester contre la future hausse de la TVA pour les centres équestres qui menace selon eux 6.000 emplois en France, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants étaient «400 piétons et 250 chevaux» montés pour la plupart, selon les estimations concordantes des organisateurs et de la police.

«Qu'est-ce qu'on fait de nos chevaux? Des lasagnes ?», interrogeaient ironiquement des manifestants. D'autres assuraient que la hausse de la TVA de 7 à 20% en 2014 enverrait leurs montures «à l'abattoir» et serait «un cadeau pour Spanghero», l'entreprise de l'Aude voisine au coeur du scandale de la viande de cheval vendue pour du boeuf.

Plus de 2,3 millions de Français pratiquent ce sport

«On pense que 300 ou 400 emplois seront perdus au bout d'un an en Midi-Pyrénées», a déclaré à l'AFP le président du Comité régional d'équitation, Jean Henry, selon lequel «un tiers des 553 centres équestres de la région ont moins de 50 licenciés et pourraient disparaître».

Seule monitrice de son «poney-club» du village de Clary (Haute-Garonne), Ghislaine Joubert faisait manifester un petit poney Shetland sur la place du Capitole et traduisait ainsi les revendications muettes de l'animal: «je manifeste, dit mon poney, parce que la vie n'est déjà pas facile pour gagner mon foin et que je dois me payer ma monitrice, mais aussi mon vétérinaire, mon dentiste, parfois mon ostéopathe.» Mme Joubert assure «galérer vraiment» et «équilibrer tout juste les comptes» de son club.

Les centres équestres français emploient 18.000 personnes

Venu de l'Ariège, un propriétaire de centre équestre, Philippe Labeda, manifestait à cheval dans les rues. «En milieu rural, un quart de la clientèle n'acceptera pas une hausse de nos tarifs», faisait-il valoir.

Une couronne mortuaire portant l'inscription «à nos emplois, à nos chevaux» a été déposée symboliquement à la préfecture. Ces derniers jours, plusieurs manifestations ont déjà eu lieu à Paris, Dijon, Rouen, Meaux ou encore Melun.

Le gouvernement a annoncé la hausse de la TVA sur les centres équestres à compter du 1er janvier pour se mettre en conformité avec les injonctions de Bruxelles.

Les centres équestres français emploient 18.000 personnes pour 250.000 chevaux. Plus de 2,3 millions de Français pratiquent ce sport, fait valoir le groupement hippique national.