55 maires refusent d’appliquer la réforme des rythmes scolaires

Delphine Bancaud

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Dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires, des enfants participent à  des ateliers dans une école maternelle à Lille, en septembre 2013.
Dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires, des enfants participent à des ateliers dans une école maternelle à Lille, en septembre 2013. — M. LIBERT / 20 MINUTES

L’heure est à la désobéissance civile. Un collectif de 55 maires (UMP, UDI, sans étiquette) a déclaré ce mardi qu’il n’appliquerait pas la pas la réforme des rythmes scolaires en 2014 «tant que l’impact financier ne sera pas maîtrisé et que son efficacité contre l’échec scolaire ne sera pas démontrée».

Ces édiles réfractaires aux nouveaux rythmes scolaires sont majoritairement maires de communes d'Ile-de-France, telles que Courbevoie, Levallois-Perret ,Massy, Sceaux, Saint-Maur des Fossés.Figurent aussi dans ce collectif, les maires de  Canne et  Mâcon.

Une démarche soutenue par Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP au Conseil régional d’Ile-de-France: «Je défends le libre choix des maires. Il faut impérativement un audit indépendant du coût de cette réforme. Nous demandons aussi une compensation à l’euro près pour les collectivités territoriales

Des freins économiques

«Alors que l’on est au bord de la révolte fiscale, il est hors de question d’augmenter les impôts à cause d’une telle réforme, qui selon nos premiers calculs coûtera environ 350 euros par an et par enfant, soit un montant global de 2 milliards d’euros», explique Jean-Michel Fourgous, maire d’Elancourt (Yvelines) et chef de fil de la fronde. «Pour mettre en place sa réforme, Vincent Peillon n’a pas pris en compte les facteurs économiques, humains et techniques», insiste-t-il, en brandissant la pétition qu’il a lancée à en octobre www.contrelaloipeillon.fr qui a recueilli 10.000 signatures.

Une colère partagée par Joël Mancel, maire (UMP) de Triel-sur-Seine et membre du collectif: «Pour appliquer cette réforme, je devrais recruter 80 animateurs. Cela représente un cout de 350.000 euros, soit une hausse de 6 points d’impôts locaux. Je ne sais pas comment m’en sortir.» Même son de cloche chez Christian Schoettl, maire UDI de Janvry: «Cette réforme est une usine à gaz et un transfert grave de l’éducation vers les collectivités.»

Reste à savoir si le mouvement de boycott pourrait faire d’autres émules, sachant que 83% des communes doivent mettre en place la réforme des rythmes scolaires en 2014. Du coté du ministère, contacté par 20 minutes, cette menace n’est pas prise très au sérieux: «C'est l'Education nationale qui fixe les horaires de l'école. Les maires peuvent en revanche refuser de mettre en place un accueil périscolaire. Charge à eux de répondre à leurs administrés A quelques jours du congrès des maires de France, prévu du 19 au 21 novembre, la fronde des édiles semble surtout un moyen de mettre la pression au gouvernement pour obtenir des concessions, comme la pérennisation du fonds d’amorçage de la réforme au-delà de 2014 ou un délai supplémentaire pour les communes avant de passer aux nouveaux rythmes.