11 Novembre: Hollande hué, les bonnets rouges dénoncent une «récupération de l'extrême droite»

POLITIQUE Quelque 70 personnes ont été interpellées, en lien avec l’extrême droite, selon Manuel Valls…

Par Maud Pierron
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En marge des cérémonies du 11 novembre, il y a eu des heurts entre des manifestants portant des «bonnets rouge» et des force de l'ordre.
En marge des cérémonies du 11 novembre, il y a eu des heurts entre des manifestants portant des «bonnets rouge» et des force de l'ordre. — Capture d'écran BFM TV

Son sang n’a fait qu’un tour en voyant des  manifestants affublés de bonnets rouge qui scandent «Hollande démission» lors du passage du Président sur les Champs-Elysées pour les célébrations du 11 novembre. Ou d’autres, toujours  un bonnet rouge sur la tête, qui font «mettent en scène leur interpellation» en faisant circuler les photos sur les réseaux sociaux. Fer de lance des bonnets rouge contre l’écotaxe, Christian Troadec, maire divers gauche de Carhaix, a jugé les heurts de lundi matin «strictement scandaleux». «Notre mouvement condamne fermement et fortement ceux qui ont voulu perturber un moment d’hommage et de recueillement pour des millions de personnes qui sont mortes en Europe», a-t-il affirmé à 20 Minutes.

Pour lui, ça ne fait pas l’ombre d’un doute, il s’agit, comme l’a dit Manuel Valls peu après les interpellations, d’individus «liés à l’extrême droite». «Ces bonnets rouges sur les Champs-Elysées, c’est la récupération d’une trentaine de personnes d’extrême droite pour des causes que nous ne soutenons pas, c’est de la manipulation», s’agace-t-il, critiquant dans le même temps «l’ampleur donnée à ces énergumènes par les médias» pour «nuire aux intérêts bretons». «On n’est pas dupes! Ecrivez-bien que c’est une manipulation pour salir notre mouvement», a-t-il tancé.

Des bonnets rouges pas 100% Bretons

Thierry Merret, président de la branche du Finistère de la FNSEA, qui a initié le port du bonnet rouge dans la fronde contre l’écotaxe, assure également qu’il s’agit d’une «récupération pure et dure».  «Qu'on mette des bonnets rouges partout, c’est scandaleux et inadmissible, que ce soit de l'extrême gauche, de l'extrême droite ou de l'UMP. Ce qui s’est passé ce matin, ce n’est pas notre sujet, comme la destruction des radars, ce n’est pas notre sujet. Nous manifestons dans le calme et la dignité», assure ce membre influent du collectif Vivre, Décider et Travailler en Bretagne.

Certains «bonnets rouges» présents sur les Champs-Elysées affirment toutefois sur les réseaux sociaux être... d'authentiques «bonnets rouge» sans être 100% Bretons!

Quelque 70 personnes ont été interpellées lundi matin en marge des commémoration du 11 novembre lors desquelles François Hollande a été sifflé. Peu après les faits, Manuel Valls est intervenu devant la presse pour assurer qu’il n’y avait «pas de Bretons» et que les militants incriminés étaient «liés à l’extrême droite», au «Printemps français» et au «Renouveau français».  Selon la préfecture de police, il s’agit de personnes qui s'étaient rassemblées à l'appel «du Printemps Français», qui mène le combat contre le mariage homosexuel, et «de groupes d'extrême droite, dont le Renouveau français». Ces interpellations ont été motivées par le fait que les manifestations n’étaient pas déclarées.

«Le bonnet rouge est devenu un signe de rébellion au gouvernement»

Le FN a réfuté avoir tenu un quelconque rôle dans les sifflets de ce lundi matin. Wallerand de Saint-Just, candidat FN à la mairie de Paris et organisateur d’un rassemblement de sympathisants à proximité des Champs-Elysées a dénoncé les «arrestations préventives et arbitraires» dont ont été victimes ses «troupes». Mais «aucune personne sous ma responsabilité n’a sifflé le Président», assure-t-il. Je condamne ces sifflets. Il ne faut pas transformer une manifestation patriotique en une manifestation de protestation contre le chef de l’Etat. Si je veux manifester mon opposition, il y a d’autres moments pour cela», insiste-t-il.

Quant à Béatrice Bourges, la porte-parole du Printemps français, elle a démenti auprès de 20 Minutes avoir lancé un quelconque appel à manifester. «De toute façon, le Printemps français n’est ni un mouvement ni une organisation, c’est un état d’esprit. Toute personne qui a l’esprit de rébellion peut se réclamer du Printemps français», a-t-elle résumé, refusant toutefois de condamner ces événements.  «Hollande ne se rend pas compte de la gravité de la situation et de la détresse des gens qu’il est censé gouverner. Alors ils profitent de pouvoir avoir accès un jour au Président pour manifester leur détresse», a-t-elle expliqué. Interrogée sur le fait que certains militants qui critiquaient la loi sur le mariage pour tous portaient un bonnet rouge, elle a simplement répondu: «Le bonnet rouge est devenu un signe de rébellion au gouvernement». N'en déplaise à Christian Troadec et à tous les manifestants bretons: la reprise et le détournement de leur bonnet rouge acte le succès populaire de leur mouvement.