Trappes: Le mari de la femme voilée condamné à trois mois de prison avec sursis

JUSTICE Le contrôle d'identité de sa femme et l'altercation qui avait suivi avaient provoqué trois nuits de violence dans cette ville des Yvelines...

avec AFP

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Michaël Khiri, le mari de la femme voilée qui s'était opposé à un contrôle policier à Trappes en juillet, lors de son jugement, le 20 juillet 2013.
Michaël Khiri, le mari de la femme voilée qui s'était opposé à un contrôle policier à Trappes en juillet, lors de son jugement, le 20 juillet 2013. — MARTIN BUREAU / AFP

Michaël Khiri a été condamné ce vendredi à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Versailles, pour s'être violemment opposé au contrôle d'identité de sa femme intégralement voilée en juillet, à Trappes (Yvelines), incident qui avait provoqué trois nuits de violences.

Cette condamnation est conforme aux réquisitions du procureur de la République Vincent Lesclous, qui avait estimé en septembre que la réaction de Michaël était «injustifiée» face à une loi qui n'est «pas discutable», en l'occurrence celle qui interdit depuis 2011 le port du voile intégral dans l'espace public.

«Loi illégitime»

A son procès, le jeune homme originaire de Seine-Saint-Denis et employé dans un kebab, avait affirmé trouver ce contrôle d'identité «illégitime» en plein ramadan, un soir où il rentrait avec sa femme, son bébé et sa belle-mère pour rompre le jeûne chez cette dernière.

«Je ne vois pas pourquoi on nous imposerait cette loi qui est illégitime», avait lâché d'une voix calme Michaël Khiri, qui était arrivé seul à l'audience, pull noir à capuche, pantalon large et baskets.

«Le ton est monté»

Ce soir du 18 juillet, trois policiers en patrouille avaient voulu contrôler l'épouse, Cassandra Belin, qui porte un niqab. Mais les choses s'enveniment lorsque la belle-mère s'interpose. Un policier aurait bousculé cette dernière. «Ma femme a crié "pourquoi est-ce que vous faites cela ?", le ton est monté», avait expliqué Michaël, reconnaissant avoir alors tiré l'un des policiers par l'arrière parce qu'il «a saisi (sa) femme par le voile».

«On a essayé de faire ça le plus proprement possible», avait réfuté un des trois policiers parties civiles, venus en uniforme à l'audience.