Les chaînes de France Télévisions devraient être perturbées ce jeudi, notamment les directs et les journaux télévisés, en raison d'une grève de protestation contre le plan de départs volontaires présenté par la direction dans un contexte de crise, entre cure d'austérité et échecs d'audience.
Les chaînes de France Télévisions devraient être perturbées ce jeudi, notamment les directs et les journaux télévisés, en raison d'une grève de protestation contre le plan de départs volontaires présenté par la direction dans un contexte de crise, entre cure d'austérité et échecs d'audience. — Miguel Medina AFP

Société

Grève à France Télévisions: importante mobilisation contre les départs

La grève jeudi à France Télévisions contre le plan de départs ...

La grève jeudi à France Télévisions contre le plan de départs volontaires a entraîné une mobilisation importante, surtout en région, avec 50% de grévistes selon le Syndicat national des journalistes (SNJ) et 25,6% selon la direction, qui a maintenu son plan.

Chez les journalistes, soit environ 3.000 des 10.000 salariés du groupe, le taux de grévistes était d'environ 50%, selon le SNJ, et de 38,5% selon la direction. La mobilisation a été particulièrement forte dans les rédactions régionales de France 3 et parmi le personnel de l'AITV - Agence internationale d'images de télévision, dédiée à l'actualité africaine - et les services de sous-titrage, deux activités visées à 100% par le plan de départs.

Chez les personnels techniques et administratifs, ils étaient plus de 50% à faire grève selon le SNJ et 20,7% selon la direction.

«C'est une très belle mobilisation», a commenté Serge Cimino, délégué SNJ, tandis que le DRH Patrick Papet l'a estimée «importante mais comparable» à celle de la journée de grève du 18 décembre dernier contre un plan d'économies. La différence de chiffres entre direction et syndicats s'explique notamment par la prise en compte ou non dans ce calcul des absents, des CDD et de l'encadrement, selon le SNJ.

Côté antenne, sur France 3 les journaux régionaux ont été presque tous annulés et les éditions nationales écourtées et allégées, et sur France O les JT supprimés. En revanche les programmes des autres chaînes publiques n'ont presque pas été touchés.

Les syndicats de France Télévisions (CGT, CFDT, FO, SNJ, CGC) avaient appelé tous les salariés du groupe à cesser le travail jeudi pour demander le retrait d'un plan de départs volontaires non remplacés portant sur 361 postes, dont 90 journalistes, qu'ils considèrent comme un plan social déguisé.

«30 millions d'économies»

Environ 300 salariés de France Télévisions, mais aussi de RFI et de l'INA, se sont rassemblés vers 14H00 sur la place du Palais-Royal, près du ministère de la Culture, où une délégation a été reçue par des collaborateurs de la ministre Aurélie Filippetti.

Ces derniers leur ont dit qu'il y avait place non pour un retrait du plan mais pour un «élargissement du calendrier», a indiqué le délégué SNJ Didier Givodan.

En présence de la députée communiste Marie-George Buffet, venue apporter «le soutien du Front de Gauche», les responsables syndicaux de France Télévisions ont dénoncé «la désignation de volontaires d'office» à l'AITV, et la suppression programmée de «postes de monteurs, ingénieurs du sons et assistants de programme».

Le DRH Patrick Papet a lui de nouveau exclu tout retrait ou suspension du plan, qui pourrait «retarder la recherche d'économies, ce qui fragiliserait l'entreprise, qui doit revenir à l’équilibre en 2015», a-t-il expliqué à l'AFP. «Mais il faut poursuivre le dialogue social, nous sommes ouverts à négocier les modalités du plan, et je ne doute pas qu'on parvienne à un accord».

Ce plan, après sa mise en oeuvre en 2014-2015, générera en effet plein des économies de «30 millions d'euros par an», a-t-il précisé, mais ces économies «sont très minoritaires par rapport aux celles mises en oeuvre par France Télévisions», par exemple dans l'achat de programmes, a-t-il indiqué. La direction veut réduire les effectifs du groupe de 10.100 en 2013 à 9.750 en moyenne en 2015. Elle a déjà supprimé plusieurs centaines de postes depuis l'an dernier.

Cette grève illustre la mauvaise passe que traverse France Télévisions, qui a adopté la semaine dernière un plan d'austérité sur trois ans, prévoyant une subvention publique et des recettes publicitaires en baisse. Affaibli en outre par les mauvaises audiences du programme d'avant-soirée de France 2, l'émission de Sophia Aram «Jusqu'ici tout va bien», qui a entraîné le remplacement du directeur des programmes de la chaîne, le groupe a été mis sous surveillance renforcée par le gouvernement et le CSA.