Fabrication des bonnets rouges: Armox Lux dément toute contrefaçon

Faustine Vincent

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Manifestation des «bonnets rouges» contre l'écotaxe et pour la defense de l'emploi en Bretagne à Quimper le 2 novembre 2013.
Manifestation des «bonnets rouges» contre l'écotaxe et pour la defense de l'emploi en Bretagne à Quimper le 2 novembre 2013. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Les milliers de bonnets rouges vendus samedi dernier lors de la manifestation de Quimper (Finistère) n’étaient pas fabriqués en Bretagne, ni par la marque elle-même, mais par un «confrère écossais», a reconnu «en toute transparence» ce jeudi un responsable de l’emblématique entreprise bretonne Armor Lux à L’Humanité.

Le collectif «Vivre, travailler et décider en Bretagne!», à l’initiative du mouvement des Bonnets rouges contre l’écotaxe, avait sollicité le fabricant. Il a déclaré en avoir écoulé 7.500. Les bonnets «étaient vendus cinq euros sur le camion-podium qui portaient effectivement la célèbre marque bretonne Armor Lux», précise le quotidien, fustigeant «une affaire d’import de bonnets et de contrefaçon maison» alors que le mouvement breton milite pour conserver l’emploi local.

«Au moins, ça reste dans la grande famille celte!»

Contacté par 20 Minutes, Christian Troadec, maire de Carhaix et co-responsable du collectif «Vivre, travailler et décider en Bretagne!», dit ne pas être au courant. «Je n’ai pas eu cette information donc je ne peux pas me prononcer. Mais au moins, ça reste dans la grande famille celte!» plaisante-t-il. «Armor Lux est une entreprise qui donne beaucoup de travail aux Bretons, donc elle est respectée. Si elle a besoin de travailler avec une autre entreprise à l’étranger, c’est une décision qui lui appartient», tranche-t-il.

De son côté, Armor Lux récuse toute contrefaçon. «Pour répondre à la demande [quelque 10.000 bonnets, ndlr], nous avons, en plus des bonnets fabriqués dans nos ateliers à Quimper, fait appel à un confrère écossais. L’ensemble a été vendu sous la marque Armor Lux. Il n’y a eu, à notre connaissance, aucune contrefaçon», précise à 20 Minutes Grégoire Guyon, son directeur de la communication.

Pas de surprise

«J’ai effectivement fait fabriquer les bonnets en Ecosse parce que nous n’avions pas le personnel nécessaire pour fabriquer en un temps donné, a expliqué jeudi après-midi le PDG, Jean-Guy Le Floc’h, au quotidien régional Ouest France, rappelant que «la production du groupe en France représente 40% de [son] chiffre d'affaires».

L’entreprise avait offert les 900 premiers bonnets rouges au collectif breton «par solidarité». Interrogé dans Le Télégramme le 30 octobre dernier, le PDG d'Armor Lux avait déjà signalé qu’il allait confier la fabrication de bonnets rouges à une entreprise à l’étranger: «Le collectif [«Vivre, travailler et décider en Bretagne!»] m'a contacté le mercredi pour me demander 600 bonnets rouges. On en avait 200 ou 300 en stock, j’ai fait appel à un collègue d’Ecosse. On s'est débrouillé pour en livrer 900», affirmait-il dans cette interview.