Le Mrap déposera plainte mardi contre Valls pour ses propos sur les Roms

JUSTICE Le Mrap n'a pas réussi à rallier d'autres associations à son action, qui doutent de son réussite...

avec AFP

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Manuel Valls, le 23 octobre 2013 à l'Elysée.
Manuel Valls, le 23 octobre 2013 à l'Elysée. — VILLARD/SIPA

Le Mrap déposera plainte mardi contre le ministre de l'Intérieur Manuel Valls pour «provocation à la haine» raciale en raison de ses propos récents sur les Roms, sans avoir réussi à rallier d'autres associations antiracistes à son action, a déclaré jeudi son coprésident Pierre Mairat.

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) avait annoncé il y a un mois son intention de poursuivre, pour la première fois de son histoire, un ministre de gauche.  «On a ensuite voulu élargir notre action, on s'est donné quelques jours pour consulter», a expliqué Me Mairat. Mais les discussions n'ont pas abouti.

Au final, a-t-il dit, la plainte sera déposée «au nom du Mrap uniquement» devant la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger un ministre pour son action dans le cadre de ses fonctions. Selon Me Mairat, «toute la difficulté vient du fait que c'est un gouvernement de gauche».

Une victoire juridique incertaine selon SOS Racisme

Le Mrap reproche à Manuel Valls d'avoir dit le 24 septembre sur France Inter: les Roms sont des «populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation». «Ces déclarations sont politiquement scandaleuses mais juridiquement, c'est plus incertain», a commenté le président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) Pierre Tartakowski. «S'il s'agit de marquer le coup politiquement, il aurait fallu un dépôt de plainte des quatre grandes associations antiracistes: ça aurait eu une valeur symbolique forte même en cas d'échec en justice», a-t-il ajouté.

Mais SOS Racisme et la Licra ont d'emblée écarté cette option. «Les propos de Manuel Valls étaient inappropriés mais ne relèvent pas de la justice pénale», a estimé Alain Jakubowicz, président de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme. «Nous gagnerons en crédibilité en réservant les foudres juridiques aux personnes qui le méritent».

«La victoire juridique était incertaine et l'action pouvait s'avérer contre-productive», a renchéri Aline Le Bail-Kremer, porte-parole de SOS Racisme, en récusant que l'appartenance de Manuel Valls au Parti socialiste, dont son association est proche, ait pesé dans la décision.