Tendance: L’émergence des quinqu'ados

SOCIÉTÉ lon une enquête Ipsos, les femmes quinquagénaires se sentiraient de plus en plus jeunes…

Thomas Lancrenon

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Ouverture des soldes d’hiver dans les boutiques du centre ville de LIlle, le 9 janvier 2013.
Ouverture des soldes d’hiver dans les boutiques du centre ville de LIlle, le 9 janvier 2013. — M. LIBERT / 20 Minutes

 «On est pas sérieux quand on a 17 ans», écrivait Rimbaud en 1870. Il semble bien qu’on ne le soit pas plus en 2013, mais quand on a 50 ans…. et qu’on est une femme. C’est du moins ce que suggère l’enquête Ipsos pour Balsamik parue ce jeudi et intitulée «Quelle vie pour les femmes de 50 ans et plus?»*.

 Une nouvelle catégorie sociale

 Rémy Oudghiri, de l’institut Ipsos, décrit la quinqu’ado comme «une femme qui a physiquement la cinquantaine, mais est bien plus jeune dans sa tête dans le sens ou elle présente des envies et des comportements similaires aux jeunes filles de 20 ans». Car 93% des femmes âgées de 45 à 60 ans se considèrent plus jeunes dans leur tête. Il ne faut cependant pas y voir une nostalgie de le vur jeunesse: 68% se déclarent plus épanouies qu’à leur 20 ans et 94% estiment «avoir encore plein de choses a découvrir».

 «La cinquantaine: parenthèse enchantée»

 Selon Jean Claude Kaufmann, sociologue et directeur de recherche au CNRS, plusieurs facteurs expliquent l’apparition de cette nouvelle tendance. La cinquantaine correspond largement pour les femmes à une période d’allègement des contraintes: «Les enfants quittent le cocon familial, la situation financière est généralement meilleure qu’auparavant et on est souvent bien installé dans sa vie professionnelle». Si l’on ajoute à cela l’allongement de l’espérance de vie qui fait, qu’à cet âge, on est encore en forme physiquement, on observe la cinquantaine,  «comme une parenthèse enchantée entre les différentes contraintes professionnelles ou familiales de la jeunesse et la vieillesse».  Mais la réelle nouveauté de cette génération c’est qu’«elle est née dans les années 1960 et a donc vécu dès l’enfance dans une société passée à l’individualisme et qui a donc transpercé différentes frontières dont celle de l’âge».

 Une vitalité d’adolescentes

 C’est également le constat d’Annie, Parisienne de 61 ans. «Malgré mon âge, je me sens moderne, vivant avec  mon temps et capable de m’adapter à toutes les situations de la vie quotidienne»  et qui estime aujourd’hui avoir «plus de liberté» pour, notamment, «faire sa valise et partir du jour au lendemain.» Entre 45 et 60ans, elles sont 68% à envisager régulièrement de «partir en voyage sur un coup de tête»  et les deux tiers avouent se «sentir parfois rebelles». Et leurs activités semblent bien se rapprocher de celles des jeunes filles d’ajourd’hui : elles aiment aller danser (61%) et sortir avec leurs amies (75%). Une sur cinq se dit même tentée par un tatouage.

 Un marché à exploiter

 Cette vitalité des femmes quinquagénaires n’est pas passée inaperçue auprès des entrepreneurs qui ont bien compris qu’il y avait là une cible nouvelle, considérée traditionnellement comme «senior», mais qui aspire en réalité à plus d’insouciance. Jean-Joël Huber l’a bien compris. Il a lancé à la fin octobre, Balsamik, un site de vêtements spécialement dédiés aux quinqu’ados. «Nous sommes partis d’un paradoxe: les femmes quinquagénaires aiment la mode, mais la mode a refusé de répondre à leur évolution morphologique naturelle. Beaucoup de femmes quinquas peinent a trouver les habits qu’elles aiment dans des formes qui leurs correspondent. Nous avons donc choisi d’adapter la mode à leur morphologie.»  

*Enquête réalisée en ligne du 10 au 17 octobre 2013 auprès d’un échantillon de 1.150 françaises de 25 à 70 ans (dont 532 âgées de 45 à 60 ans), nationalement représentatives selon le sexe, l’age, le statut social , la profession de l’individu,la région et la catégorie d’agglomération.