Plusieurs milliers de sages-femmes manifestent à Paris

SANTE Les sages femmes ont actuellement considérées comme personnel non médical, avec un salaire débutant à 1.400 euros nets par mois...

avec AFP

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Les sages-femmes en grève manifestent à Paris, le 7 novembre 2013.
Les sages-femmes en grève manifestent à Paris, le 7 novembre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Plusieurs milliers de sages-femmes défilaient jeudi à la mi-journée à Paris pour réclamer une meilleure reconnaissance de leurs compétences et une visibilité plus importante auprès du grand public, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ces professionnels et étudiants sages-femmes venus de toute la France ont pris le départ de la manifestation peu après 12H00 depuis la place Denfert-Rochereau (XIVe) en direction du ministère de la Santé (VIIe). Les organisateurs ont recensé plus de 4.000 manifestants, avec les rassemblements organisés en province, soit un quart de la profession, ont-ils indiqué à l'AFP, faisant part de leur «grande satisfaction».

Dans le cortège parisien se côtoyaient blouses blanches, masques blancs et sifflets. Parmi les slogans entendus «métier formidable, conditions fort minables», en référence à l'air du succès du chanteur Stromae ou encore «Le changement des statuts, c'est maintenant». Les manifestants, dont beaucoup de femmes et de jeunes, brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit «je gère votre hémorragie», «je réanime les nouveau-nés» ou encore «sages femmes maltraitées = bébés en danger».

Des manifestants venus de toutes la France

«Nous avons des sages-femmes venues de toute la France, mais aussi des rassemblements en province pour ceux qui n'ont pas pu se déplacer ainsi qu'à Cayenne, en Guadeloupe et à la Réunion», a expliqué à l'AFP Nicolas Dutriaux, du Collège National des Sages-Femmes de France (CNSFF).«Notre priorité, c'est d'obtenir une plus grande visibilité de notre profession, dont les compétences sont méconnues du grand public mais également de nos tutelles», a poursuivi Nicolas Dutriaux.

Les sages-femmes «sont présentes dans 70% des naissances qu'elles sont capables d'assumer en toute autonomie», selon lui. Le responsable syndical a notamment cité le suivi gynécologique et la contraception comme faisant partie des compétences des sages-femmes.

La revendication principale des manifestants est d'obtenir le statut de praticien hospitalier pour les sages-femmes de la Fonction publique, afin qu'elles intègrent le personnel médical, et obtiennent une meilleure rémunération.Elles sont actuellement considérées comme personnel non médical, avec un salaire débutant à 1.400 euros nets par mois. «Nous ne voulons pas remplacer les médecins mais travailler en collaboration avec eux. Eux sont formés pour s'occuper des malades, nous pouvons suivre les femmes en bonne santé», a souligné Nicolas Dutriaux.

Une grève illimitée depuis le 16 octobre

A l'issue de la manifestation, une délégation doit être reçue par des conseillers au ministère mais les syndicats souhaitent «idéalement rencontrer la ministre ou au moins son cabinet».

Mercredi à l'Assemblée nationale, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a rappelé la programmation d'une rencontre au ministère, le 13 novembre, «pour que la concertation sur la revalorisation de leur métier (...) puisse s'engager». Les sages-femmes sont en grève illimitée depuis le 16 octobre, mais souvent réquisitionnées par les maternités.

«La mobilisation a pris de l'ampleur depuis une dizaine de jours», a indiqué mardi à l'AFP Caroline Raquin, présidente de l'organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), estimant que 70% de la profession était en grève.

L'ensemble des chefs de service des maternités de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) leur ont apporté mardi un soutien «sans réserve». Un peu plus de 20.000 sages-femmes exerçaient en France au 1er janvier 2013, selon le département statistique du ministère de la Santé.