Environ 1.200 salariés de La Redoute dans les rues de Lille pour défendre leurs emplois

SOCIETE Ils protestent contre la suppression d'au moins 700 emplois lors d'une cession prochaine...

avec AFP

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M.Libert/20 Minutes

Quelque 1.200 salariés de La Redoute, selon la police et les syndicats, ont défilé jeudi à Lille pour protester contre la suppression d'au moins 700 emplois lors d'une cession prochaine et demander des garanties au groupe Kering, leur actionnaire.

Le cortège, parti à 11h de la gare de Lille Flandres, a rejoint peu après midi la Grand place de la capitale régionale, où les représentants syndicaux devaient prendre la parole avant de se rendre, accompagnés d'une quinzaine de salariés, «dans les bureaux de la maire de Lille Martine Aubry», selon le délégué CFDT Jean-Claude Blanquart. Derrière une banderole «La Redoute, des garanties sociales pour tous les salariés», au moins 700 à 800 salariés du vépéciste ont défilé, accompagnés d'employés de 3SI (3 Suisses international) et Auchan, selon l'intersyndicale CFDT/CGT/CFE-CGC/Sud-solidaires.

«On se pose des questions, la question de notre avenir quand on voit que les repreneurs n'ont même pas d'argent pour nous racheter», a déclaré à l'AFP Karim, salarié et délégué CFDT, sifflet orange à la bouche, 43 ans, dont 17 à La Redoute. «Zéro, zéro, zéro sur le carreau, 10 ans, 10 ans, 10 ans de garantie», clamaient les salariés brandissant des panneaux «Pinault, penser à ton image, c'est bien, penser à tes salariés, c'est mieux», ou «Pour Pinault, défilé de mode Yves Saint Laurent, pour La Redoute, défilé de licenciements». «Aujourd'hui, c'est surtout faire comprendre aux actionnaires qu'on a besoin de garanties avant la vente de la Redoute», a expliqué à l'AFP Jean-Claude Blanquart, délégué CFDT. «On a peur que demain, dans la société, il ne reste que 4 à 500 salariés», a-t-il ajouté. Environ 500 salariés avaient déjà manifesté, le 22 octobre à Roubaix, pour demander des garanties sur l'emploi à Kering, qui a entrepris de se défaire de sa branche distribution pour se recentrer sur le luxe et le style de vie.

«Là, c'est grave»

Mais le 29 octobre, le directeur financier de Kering avait confirmé les craintes des syndicats en leur annonçant la perte potentielle d'au moins 700 des quelque 3.300 emplois de l'entreprise de vente à distance en France et à l'étranger, lors de la cession en cours de négociation.

Pour la CGT, Sud et la CFDT, «ces annonces sont inacceptables de la part d'un groupe qui affiche 1,3 milliard d'euros de bénéfice en 2012». «Là, c'est grave. Il y a des licenciements. Ils sont en train de détruire la société que l'on a connue avec 7.000 personnes. C'est grave aussi bien pour ceux qui vont partir que pour ceux qui vont rester», a déclaré Françoise, 55 ans, qui manifestait pour la première fois en 37 ans de travail à La Redoute.

Plusieurs élus dans le cortège

Plusieurs élus, parmi lesquels le maire de Roubaix Pierre Dubois (PS), étaient présents dans le cortège. «La Redoute fait partie de l'ADN des Roubaisiens. C'est une entreprise historique et portée sur l'avenir. Nous sommes scandalisés par l'annonce subite d'un plan social», a déclaré M. Dubois.

Dans une interview publiée mercredi par La Voix du Nord, Jean-François Palus, le directeur général de Kering, a confirmé que la société «sera vendue avant Noël», et que son comité d'entreprise serait informé des modalités dans les prochaines semaines. Kering est actuellement en discussion avec trois repreneurs potentiels. Selon la revue Challenges, le groupe pourrait céder La Redoute à la foncière Altarea Cogedim ou au fonds d'investissement OpCapita. Des informations de presse ont également évoqué le nom du fonds HIG Capital. Kering s'est toujours refusé au moindre commentaire sur ces informations.

La Redoute emploie de 2.400 à 2.650 personnes en France et de 800 à 900 à l'étranger, selon les sources.