Tabac, alcool, drogues: A chaque région son addiction

ADDICTIONS L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) publie la carte de France des pratiques addictives...

A.Ch. avec AFP

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Un homme une cigarette.
Un homme une cigarette. — ERIC FEFERBERG / AFP

Boire, fumer, se droguer: des pratiques addictives à risque devant lesquelles les Français ne sont pas égaux. D’après le baromètre santé de l’Institut national de prévention  et d’éducation pour la santé (Inpes) réalisé en 2010, les substances psychoactives ne sont pas consommées de la même manière selon les régions. L’Institut publie pour la première fois ce jeudi une analyse géographique des addictions.

Tabagisme et ivresses ponctuelles en hausse

Si globalement les Français boivent moins d’alcool et ne consomment pas plus de cannabis que lors du dernier baromètre en 2005, le tabagisme et les ivresses alcooliques sont plus fréquentes, révèle le baromètre. Ainsi, 18% des personnes interrogées ont été ivres au moins une fois par mois en 2010, tandis que seulement 11% des Français boivent chaque jour, contre 15% en 2005. Encore près de trois Français sur dix sont fumeurs, en légère augmentation depuis 2005. L’usage de cannabis reste stable, avec 32% de Français ayant déjà expérimenté, mais le baromètre constate une hausse de l’usage de drogues dures comme la cocaïne ou le poppers.

Le Languedoc-Roussillon est la région où l'on boit et fume plus que la moyenne, tandis que le tabagisme quotidien et la consommation d'alcool sont moindres en Ile-de-France. Le Languedoc-Roussillon reste en tête des régions les plus consommatrices d'alcool avec 17% de buveurs quotidiens, suivies du Midi-Pyrénées, Pays-de-Loire et Nord-Pas-de-Calais (13%).

Le Languedoc-Roussillon cumule les addictions

Le Languedoc-Roussillon cumule des consommations supérieures à la moyenne française : l'usage d'alcool, du tabac, l'expérimentation de cannabis et de cocaïne y apparaissent ainsi plus fréquents aussi bien chez les jeunes que dans la population générale. Pour le cannabis cette région arrive ainsi en tête des régions les plus concernées tant par l'expérimentation (+9 points par rapport à la moyenne nationale) que pour l'usage actuel (+3 points).

Elle se distingue également par des niveaux d'ivresses plus élevés. «La hausse des alcoolisations ponctuelles (au moins 6 verres en une seule occasion, par exemple festive) est importante : elle concerne 18% des gens en 2010 (au moins une fois par mois) contre 15% en 2005», relève François Beck, responsable «Enquêtes et analyses statistiques» à l'Inpes. Sur ce point, «on observe une uniformisation à l'échelle du territoire. La même uniformisation est devenue manifeste au cours de la dernière décennie à l'échelle européenne», dit-il à l'AFP.

Pas plus de buveurs en Bretagne qu’ailleurs

Contrairement aux idées reçues, la Bretagne ne regroupe pas plus de buveurs ni de fumeurs réguliers que les autres régions, mais présente des niveaux d'ivresses élevés et se distingue du reste du pays par une expérimentation plus répandue du cannabis (36% contre 32% en moyenne parmi les 15-64 ans) et d'autres drogues illicites: poppers (7%), champignons hallucinogènes, cocaïne, ecstasy (5% chacun). Dans le Nord-Pas-de-Calais, on ne fume pas plus qu'ailleurs, et l'expérimentation du cannabis y apparait moins fréquente que la moyenne.

L'Ile-de-France est l'une des régions où l'on boit et fume le moins - lle se caractérise par un faible niveau d'usage quotidien d'alcool (9%) et des ivresses moins fréquentes (17%). En revanche, la consommation des autres substances psychoactives, en particulier de cannabis, y est plus marquée avec un niveau élevé d'expérimentation (35%) et d'usage courant (10% au moins une fois dans l'année et dans le mois, 6%).