Amiens-Nord: Les ouvriers de Goodyear bloquent leur usine

SOCIAL Ils veulent sauver leur usine...

M. Go. avec AFP

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Le drapeau de la CGT devant l'usine Goodyear d'Amiens le 26 février 2013.
Le drapeau de la CGT devant l'usine Goodyear d'Amiens le 26 février 2013. — Michel Spingler/AP/SIPA

Les ouvriers de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord ont bloqué leur établissement dès quatre heures jeudi matin, quelques heures avant le début d'un dernier comité d'entreprise qui doit clore le projet de fermeture du site. «Il y a 300 personnes sur le parking, on était 450 au début du blocage. Personne n'est entré dans l'usine», a rapporté Franck Jurek, représentant CGT, syndicat ultra-majoritaire dans l'usine qui a appelé au blocage.

Les ouvriers brûlaient pneus et palettes, et ont également coupé l'accès à l'usine depuis la route. Le reste de la zone industrielle n'était pas touché, a expliqué Jurek, qui a précisé que ceux qui souhaitaient éventuellement travailler pouvaient le faire.

Des feux de pneus

«Si Goodyear a du fric, c'est grâce à nous» ou «Titan-culé, ici c'est chez nous», disaient des banderoles, faisant référence au fabricant américain de pneus agricoles Titan International, qui serait prêt à reprendre 333 des 1.173 salariés menacés par la fermeture de l'usine. Des feux de pneus ont été allumés devant l'entrée de l'usine, mais également sur la rue qui jouxte cette entrée. «Cette rue-là, elle est à nous», a déclaré Mickaël Mallet, autre représentant CGT.

En dehors d'une sono tonitruante, la manifestation, disséminée par petits groupes autour de l'usine, se déroulait dans le calme. Des prises de paroles devaient avoir lieu dans le courant de la matinée, pour tenir les salariés au courant des discussions au CCE, mais aucune autre action n'était prévue jeudi.

Priorité à l'usine

Les ouvriers ont en effet décidé de ne pas manifester devant le siège de Goodyear à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), comme ils ont pu le faire précédemment. «C'est notre usine qu'on veut garder, c'est mieux d'être là», a déclaré Franck Jurek.

Lors de ce CCE au siège du fabricant de pneumatiques américain, la direction souhaite recueillir l'avis des élus sur le projet de fermeture et la mise en place du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), comprenant notamment les mesures de reclassement, d'accompagnement ou de formation. Plusieurs syndicats estiment que la procédure de consultation n'est pas terminée et que le CCE de jeudi ne peut donc pas être le dernier.

Le CCE, «tout le monde dit que c'est important. Pour nous, elle est pas importante cette réunion, car on sait que c'est pas la dernière. C'est pas parce qu'on dit à la télé que Goodyear est fermé , que c'est vrai», a estimé Mickaël Mallet.