VIDÉO. La SNCF mise sur les drones pour surveiller son réseau

Mathieu Gruel

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L'un des opérateurs du drones -deux sont nécessaires- lors du test effectué par la SNCF sur le viaduc de Roquemaure, entre le Vaucluse et le Gard, le 5 novembre 2013
L'un des opérateurs du drones -deux sont nécessaires- lors du test effectué par la SNCF sur le viaduc de Roquemaure, entre le Vaucluse et le Gard, le 5 novembre 2013 — M.GRUEL / 20 MINUTES

Un drone d’engin au-dessus du Rhône. Sur la berge, Jean-Jacques Thomas, responsable innovation et recherche à SNCF infra s’enthousiasme: «C’est une première mondiale.» A quelques mètres de lui au-dessus du fleuve, le viaduc ferroviaire de Roquemaure entre Orange (Vaucluse) et Roquemaure (Gard), où passe la ligne à grande vitesse Paris-Marseille, vient de subir ce mardi matin sa première inspection sans interruption du trafic. Une première.

Car l’inspection, qui se fait généralement de nuit, nécessite -outre l’interruption du trafic- l’usage d’un engin équipé d’une nacelle et de personnels suspendus dans le vide. Jean-Jacques Thomas en a donc la certitude, «cette application du drone est prometteuse». A tel point que «d’ici deux ans au plus tard, il y aura un déploiement de ce type d’appareils pour permettre la vérification des ouvrages d’art».

Phase d’expérimentation

Mais avant de voir s’envoler des drones un peu partout, pour aller inspecter parois, tunnels et autres ponts, l’entreprise de transports est «encore en phase d’expérimentation et d’apprentissage», détaille Nicolas Pollet, responsable de la mission drone à la SNCF infra. Mais lui voit déjà le côté positif.

Car outre sa souplesse d’utilisation, l’engin permet également de faire des économies. «On espère que l’utilisation d’un drone sera jusqu’à deux fois moins cher qu’une heure d’hélicoptère, qui oscille autour de 1.000 euros», estime Nicolas Pollet. Si la certitude n’est pas encore de mise dans ce domaine, c’est que le partenaire de la SNCF n’est pas encore choisi. «Un appel d’offres va suivre cette phase d’expérimentation», détaille en effet Jean-Jacques Thomas.

Pour l’instant, plusieurs entreprises (Diades, Red Bird et Azur Drones) sont au banc d’essai. Benjamin Poli, qui travaille pour Diades, était d’ailleurs aux commandes du drone ce mardi matin. Actionnant les joysticks reliés à un ordinateur portable, le jeune homme met en avant «l’accès rapide et facile au pont» que permet cette machine fabriquée en France, et dont le prix serait légèrement inférieur à 100.000 euros.

Faire émerger une filière industrielle

Autorisé à voler à une altitude de 50m et jusqu’à 200m de l’émetteur, selon les critères fixés par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’engin de 2 à 4kg dispose d’une autonomie de vingt minutes pour prendre des clichés et des vidéos, qui seront analysés une fois le drone revenu sur le plancher des vaches. Elles permettront «de traquer les micro-fissures et de relever d’éventuelles pathologies de l’ouvrage», détaille le jeune homme. Pour l’instant, «aucun problème n’a été repéré».

Mais au-delà de ce test grandeur nature, Jean-Jacques Thomas voit plus loin, soulignant «le souhait de la SNCF de faire émerger une filière industrielle du drone, en lien avec la DGAC». Sans exclure également d’autres pistes pour l’entreprise. Egalement en matière de sûreté.

«Effectivement, l’application du drone pour des questions de sûreté a été identifiée», indique le responsable innovation et recherche à SNCF infra. «Il y aura expérimentation, pour vérifier sa pertinence.» Deux -l’une en Midi-Pyrénées et l’autre en région parisienne- devraient ainsi être conduites prochainement.

L’inspection des caténaires pourrait également être envisagée, mais pour l’instant, «aucun calendrier n’est prévu pour ce volet de la sûreté», assure Jean-Jacques Thomas, qui précise que dans tous les cas, «il n’y aura pas de logique d’observation des personnes dans l’usage de ces drones».