Vidéo sado maso: Max Mosley veut se refaire une virginité sur le web

Vincent Vantighem
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Max Mosley à Londres le 5 décembre 2011.
Max Mosley à Londres le 5 décembre 2011. — REX/SIPA

Chez Google France, on reconnaît que la situation de Max Mosley est «vraiment délicate». L’ancien président de la Fédération internationale automobile (FIA) a saisi la justice française afin de faire bloquer tous les accès internet menant à une vidéo de ses ébats sado masochistes avec des prostituées, alors que certains participants arborerent des costumes rappelant le nazisme. Le TGI de Paris doit rendre sa décision ce mercredi après-midi.

La vidéo est en effet embarrassante. On y voit l’ancien président de la FIA, âgé aujourd’hui de 73 ans, fouetter et insulter des prostituées en allemand, pour certaines vêtues d’un simple pyjama rayé rappelant l’uniforme des prisonniers de camps de concentration. Diffusé par le tabloïd News of the World en 2008, les images sont toujours consultables sur Internet en 2013.

Vie privée versus liberté d’expression

Englué dans la polémique, Max Mosley a renoncé en 2009 à se présenter pour un nouveau mandat à la tête de la FIA. Aujourd’hui, il mène un combat pour se refaire une virginité sur le web, exigeant le respect de sa vie privée. En parallèle de la procédure française, il a également saisi la justice allemande. Extrême à plus d’un titre, le cas de Max Mosley illustre les difficultés à mettre en place un véritable droit à l’oubli numérique.

«Mosley demande à Google de créer une sorte de filtre en amont bloquant l’accès à toutes les pages parlant de cette affaire avant qu’elles ne soient publiées. Mais pour obtenir le respect de sa vie privée, il va à l’encontre de la liberté d’expression», explique une source proche de l’affaire. Car si la vidéo a été mise en ligne sur des plateformes douteuses, elle a également été publiée par des sites d’information et même dans des articles très sérieux sur la récupération des symboles nazis…

Un millier de plaintes en 2012

Avec le développement des réseaux sociaux, les traces laissées sur Internet posent de plus en plus de problème en France comme ailleurs. Alors qu’elle était secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet avait confié à 20 Minutes, en 2009, qu’elle se «donnait six mois pour avancer sur ce dossier». Quatre ans et deux ministres plus tard, il est toujours sur le bureau de l’actuel gouvernement qui a également promis un projet de loi.

En attendant, les plaintes des internautes se multiplient. En 2012, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a reçu plus d’un millier de recours réclamant la suppression de données personnelles souvent problématiques sur le net. Comme celui de cette maman qui, affolée, avait découvert des photos dénudées de sa fille sur Internet, posté par un ancien petit ami jaloux. «Les gens ont une vie en ligne et n’ont pas encore pris conscience qu’elle pouvait se retourner contre eux comme un boomerang…», commente  Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la CNIL. Max Mosley, lui, l’a bien compris.