Le préfet appelle les Tilly-Sabco à quitter la sous-préfecture de Morlaix

SOCIETE Un engin de levage a été utilisé pour casser la grille...

avec AFP

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Manifestation des «bonnets rouges» contre l'écotaxe et pour la defense de l'emploi en Bretagne à Quimper le 2 novembre 2013.
Manifestation des «bonnets rouges» contre l'écotaxe et pour la defense de l'emploi en Bretagne à Quimper le 2 novembre 2013. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Le préfet du Finistère, Jean-Luc Videlaine, a appelé les salariés de l'entreprise agroalimentaire en difficulté Tilly-Sabco, qui occupaient lundi soir la sous-préfecture de Morlaix, à quitter les lieux, déclarant à l'AFP qu'il préfèrerait «qu'il n'y ait pas d'intervention des forces de l'ordre». «L'occupation de ce service public ne fait en rien progresser le dossier qui suscite des inquiétudes fondées, compréhensibles», a-t-il dit, ajoutant: «On préfèrerait qu'il n'y ait pas d'intervention des forces de l'ordre».

Dans l'après-midi, les manifestants avaient défoncé la grille de la sous-préfecture de Morlaix à l'aide d'un engin de levage. Un manifestant, coiffé d'un bonnet rouge, s'est mis aux commandes de l'engin, garé devant la sous-préfecture, et a défoncé le portail en métal, permettant aux manifestants- 150 à 200 personnes selon la police - de pénétrer dans la cour.

Peu après, les forces de l'ordre ont pris position dans le jardin et un feu a été allumé par les manifestants dans la cour, selon le correspondant. Cette action a été menée alors que devait se tenir une réunion entre le sous-préfet et le PDG de l'entreprise, Daniel Sauvaget. Ce dernier est intervenu pour calmer les esprits et éviter que les salariés ne s'engouffrent dans le bâtiment.

Cessation de l’activité poulet export

Daniel Sauvaget a annoncé la semaine dernière qu'à partir de janvier, l'entreprise Tilly-Sabco, qui emploie quelque 340 personnes, cessera son activité de poulet export. Celle-ci représente 90% de son chiffre d'affaires (136 millions d'euros en 2012). Cette décision menace un millier d'emplois, selon le PDG. Le 18 juillet, Bruxelles a supprimé les aides à l'exportation pour les poulets congelés. Ces «restitutions» permettaient aux poulets européens de concurrencer les volailles brésiliennes sur la scène internationale, notamment au Moyen-Orient.

Daniel Sauvaget est venu à la sous-préfecture réclamer «que le gouvernement exige et obtienne de l'Europe une aide qui compense les restitutions», faute de quoi il sera impossible pour l'entreprise, selon lui, de concurrencer le Brésil à l'export. Les manifestants avaient accompagné leur PDG en organisant une opération escargot sur la RN 12, principal axe routier du nord de la Bretagne, entre le siège de l'entreprise à Guerlesquin (Finistère) et la sous-préfecture de Morlaix.