Attentat de la rue Copernic: Le principal suspect pourrait être extradé vers la France

Vincent Vantighem

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Une victime secourue après l'attentat devant une synagogue de la rue Copernic à Paris, le 3 octobre 1980.
Une victime secourue après l'attentat devant une synagogue de la rue Copernic à Paris, le 3 octobre 1980. — DE KEERLE/SIPA

«Cela fait trente-trois ans qu’on attend. On peut encore patienter quelques jours. Mais le plus vite sera le mieux...» Patricia Barbé a beau s’être habituée à la lenteur de la justice, elle a tout de même du mal à ne pas suivre, avec frénésie, les nouvelles qui parviennent du Canada. Depuis lundi, la cour d’appel de Toronto (Canada) examine, en effet, la demande d’extradition par la France du Libano-Canadien Hassan Diab.

Agé de 59 ans, cet ancien professeur de sociologie est aujourd’hui suspecté d’avoir placé la bombe dans la sacoche d’une moto qui explosa, le 3 octobre 1980, devant la synagogue de la rue Copernic (Paris). Le père de Patricia, Jean-Michel Barbé, 41 ans à l’époque, passait dans la rue en voiture quand la bombe l’a fauché. D’où l’impatience de sa fille.

Ressemblance photo et expertise graphologique

«Pour la première fois, on peut espérer que la justice avance, confie-t-elle à 20 Minutes. Il y a tout de même beaucoup de soupçons qui pèsent contre ce monsieur…» Présenté comme un ex-militant du groupuscule terroriste palestinien, le FPLP-Opérations spéciales (FPLP-OS), Hassan Diab est surtout inquiété par deux éléments matériels.

D’abord la ressemblance entre ses photos de l’époque et le portrait-robot qui a été fait du poseur de bombe. Ensuite, l’expertise graphologique d’une fiche d’hôtel qui prouve qu’il était bien à Paris le jour du drame. Autant d’éléments sur lesquels le juge antiterroriste Marc Trévidic souhaite aujourd’hui l’entendre.

Il prétend être victime d’une homonymie

Hassan Diab, lui, se défend depuis le début de l’affaire d’avoir jamais fait partie d’un mouvement palestinien. Il prétend être victime d’un homonyme, soutenant qu’il était étudiant à Beyrouth (Liban) au moment des faits.

L’audience de la cour d’appel de Toronto doit se poursuivre mardi. La décision devrait ensuite être mise en délibéré. «Pas trop longtemps quand même», réclame Patricia Barbé.